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[LA TRAGEDIE DE P] et autres recueils de Rumiko Takahashi
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cosmos
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 02 Sept 2002
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Message Posté le : 01/05/04 01:33    Sujet du message: [LA TRAGEDIE DE P] et autres recueils de Rumiko Takahashi Répondre en citant

Allez hop, un topic pour parler de mon enthousiasme vis à vis de ce nouveau recueil de Rumiko Takahashi.

Ce qu'on remarque au premier abord, c'est la qualité de l'édition : une couverture plastifiée moins fragile que la cartonnée du Chien de mon patron, et surtout des pages couleur conservées en début du tome, ainsi qu'en début de deux autres chapitres à l'intérieur. Ca commence bien ^_^

Ensuite viennent les histoires, et là, ce fut le ravissement. J'avais trouvé Le chien de mon patron somme toute sympathique sans être transcendant, la qualité variant suivant les chapitres. Ici aussi on pourra trouver certaines histoires meilleures que d'autres, mais pour moi elles se placent incontestablement au-dessus, même les plus faibles. Si Le chien de mon patron m'avait diverti, La tragédie de P elle, m'a transporté.
Pourtant on retrouve les mêmes thèmes et les mêmes types de personnages que dans le précédent one-shot, à savoir des familles moyennes confrontées à la pression de la hiérarchie, à leur voisinage, à la mort ou à la pauvreté.

Mais si, comme l'avait très justement fait remarquer Morgan dans sa chronique, auparavant c'était surtout les pères de famille qui étaient les centres de ces histoires, à présent c'est aux femmes qu'on s'intéresse. Des femmes comme on en croise tous les jours, avec leurs problèmes ordinaires mais remarquablement bien décrits.
Je retiendrai surtout Mme Kakeï (La tragédie de P), la patronne de la maison de romance (Une marchande de romance) et Mme Tonégawa (Dans le pot en grès), qui ont su m'émouvoir.

(bon, là je parle de certains personnages qui ne sont pas ce qu'ils semblent être au début ; ce ne sont pas vraiment des spoilers, mais si vous ne désirez pas savoir ce qu'ils cachent, rendez-vous trois paragraphes plus loin)

La première pour ce qu'elle cache derrière un visage qui ne semble trahir aucune émotion, sauf dans une unique case où on sent affleurer une grande tristesse, et ceci juste avec quelques trames et une phrase toute simple ("ceux qui aiment les animaux sont gentils, et ceux qui ne les aiment pas sont méchants, c'est ça ?"), ce qui est l'occasion d'un passage très émouvant sur notre rapport aux animaux domestiques.

La deuxième, quant à elle, vendeuse de romance tout en étant celle qui en a le plus besoin, permet de revisiter ce discours qu'on a tous entendu au moins cent fois, à savoir la question rituelle du prêtre lors du mariage. Ici des mots comme "dans l'abondance comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la peine" prennent tout leur sens sous le regard d'une femme qui a justement vécu la pauvreté, la peine... En quelques pages, Rumiko Takahashi nous dit tout de cet amour auquel elle croit encore sans trop se l'avouer et rend très bien l'état d'esprit dans lequel on est lorsqu'on croit (à tort) avoir tout perdu.

De la troisième, je me souviendrai surtout de son visage las et triste, celui d'une personne épuisée par les commérages, les brimades et la perte d'un être cher qu'elle a supporté en silence. Le dessin de l'auteur fait encore des merveilles : il réussit à nous faire ressentir l'intensité de moments de joie ou de désespoir, juste par quelques expressions sur un visage. A nous faire comprendre les effets ravageurs que peuvent avoir des mensonges ou des commérages. Il s'agit sans doute de mon histoire préférée dans ce volume.

(fin des spoilers éventuels)

Les autres nouvelles, elles, sont plus anecdotiques à mon goût... La maison des poubelles offre cependant l'image d'un couple vieillissant, où chacun se perd dans ses petites manies, assez intéressant. Les deux dernières sont plus divertissantes qu'autre chose, mais demeurent très sympathiques.
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doremi14
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 09 Sept 2003
Localisation : VAl d'Oise (95).

Message Posté le : 01/05/04 21:41    Sujet du message: Répondre en citant

A l'inverse, j'ai préféré le chien de mon patron à la Tragédie de P. Au niveau de la couverture, je préfère la couverture cartonnée à la couverture plastifiée. Cela m'énerve qu'il y ait deux présentations différentes pour les deux volumes. Par contre, je salue l'effort de Tonkam d'avoir inséré des pages couleurs au début de plusieurs chapitres (c'est la première fois qu'un éditeur français le fait non?).
Pour ce qui est du contenu, les histoires de Takahashi me ravissent toujours autant, mais c'est vrai que j'ai moins accroché à ces histoires qu'aux précédentes, peut-être parce qu'elles sont moins humoristiques (suis-je un coeur de pierre pour ne pas m'émouvoir?) Effectivement, la sensibilité des personnages et certains drames du quotidien sont mis plus en avant, mais certaines histoires (justement celle sur la maison de mariage) m'ont dérouté. Je me demandais où Takahashi voulait en venir. Par contre, je trouve que ces histoires courtes ont une portée documentaire intéressante sur les relations sociales et familiales au Japon.
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petitboulet
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Inscrit le : 03 Sept 2003

Message Posté le : 03/05/04 14:01    Sujet du message: Répondre en citant

doremi14 a écrit:
Par contre, je salue l'effort de Tonkam d'avoir inséré des pages couleurs au début de plusieurs chapitres (c'est la première fois qu'un éditeur français le fait non?).


GC le fait pour planètes. et Kana le fait pour number 5
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Laotzi
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Inscrit le : 07 Jan 2003
Localisation : Paris

Message Posté le : 06/05/04 15:10    Sujet du message: Répondre en citant

[Garanti Sans Spoils : à consommer sans modération (enfin, même si vous avez été modérés, vous avez aussi le droit de lire Mort de rire )]

J’ai été vraiment emballé par ce deuxième recueil de nouvelles de Rumiko Takahashi, tout comme je l’avais été par Le chien de mon patron. Comme l’a écrit Cosmos, à l’inverse de la précédente œuvre qui mettait avant tout en scène des personnages masculins, et plus particulièrement des pères de famille, La tragédie de P s’intéresse cette fois-ci aux femmes. Ce qui en fait deux volumes complémentaires et tout aussi indispensables (pour ma part, les deux recueils m’ayant l’un et l’autre transporté).

Déjà, le dessin de Rumiko Takahashi est un ravissement, et il est ici certainement à son summum. Il y a tellement d’expressivité dans la représentation des personnages que l’on sent immédiatement que l’autrice a dessiné ce histoires avec passion et amour. Les contours sont délicieusement ronds, le trait est fin et appliqué, les visages parfaitement maîtrisés. Bref, le dessin est absolument admirable, sans effets inutiles. Par exemple, le gros plan sur Yukari à la page 62 est un modèle de finesse, d’expressivité, de tendresse, donc de tout ce qui forme, pour moi, la véritable beauté d’un dessin. Beaucoup de mangaka devraient en prendre de la graine, tant le trait est expressif et fait passer à merveille les multiples émotions des personnages et de l’histoires.

Bien entendu, c’est la loi du genre, les différentes histoires sont d’un niveau inégal, ou tout du moins sont susceptibles d’être plus ou moins bien ressenties. J’ai pour ma part notamment un peu moins aimé apprécié les deux dernières nouvelles parce que j’ai un peu moins réussi à percevoir où l’auteur voulait exactement en venir (encore qu’une relecture a amoindri cette première impression et il y aurait beaucoup de choses à dire sur la mise en scène de l’avant dernière histoire, qui contribue à donner tout son sens à l’histoire). Mais même d’un niveau légèrement inférieur, elles demeurent tout à fait plaisantes et agréables et ne dépareillent nullement. D’une manière générale, j’ai même été surpris par la grande qualité d’ensemble des histoires, avec des différences de plaisir de lecture bien moins importants que dans d’autres recueils du même type.

Les quatre premières histoires sont elles absolument délicieuses et procurent d’immenses bonheurs de lecture. Les thèmes développés sont assez similaires à ceux du Chien de mon Patron, sauf bien entendu que l’on se place ici du point de vue féminin, et permettent plusieurs niveaux de lecture. Les rapports de domination entre les individus, la coexistence ou la cohabitation, le dialogue et l’écoute de l’autre, ou encore l’image erronée que l’on peut avoir d’autrui forment ainsi le cœur de ces six histoires. L’autrice développe ici de magnifiques portraits de femmes, indépendantes de par leur actions, au caractère fort et affirmé. Comme l’a dit Cosmos, la plupart d’entre elles ne se révèlent pas être ce qu’elles semblaient être au début. D’une manière générale, les nouvelles de Rumiko Takahashi sont emplies d’humanisme, et forment une ode à l’écoute de l’autre, à l’humilité et à la compréhension réciproque. Il est frappant de voir pour l’autrice à quel point une cohabitation ou une coexistence ne sauraient se suffire d’une ignorance mutuelle mais relèvent véritablement d’une pratique active, d’une construction commune.

Mais ce recueil est aussi bourré d’humour, de tendresse et d’émotion, et procure au lecteurs rires et larmes. Rumiko Takahashi est une formidable conteuse et sait à merveille comment déclencher l’hilarité chez ses lecteurs, mais aussi comment arriver à les émouvoir subtilement. Comme dans le premier recueil, les histoires laissent la part belle au développement de l’ensemble des émotions humaines. Bien entendu, il n’est pas nécessaire de rappeler à quel point l’autrice est une experte dans l’art de faire rire ses lectures, et même si elle utilise souvent les mêmes ficelles, elles les met en pratique avec tel talent que ça fait mouche à tous le coups. Inutile de souligner que cet aspect divertissant, « premier niveau de lecture », cette fraîcheur, permettent d’autant plus facilement à l’autrice de développer ses thèmes de prédilection et d’introduire des niveaux de lectures supplémentaires, qui passent ainsi beaucoup mieux, sans aucun coté moralisateur. Enfin, l’œuvre est également un magnifique portait de la société japonaises, de ses particularités culturelles et sociales, visible par tout un tas de détails mais aussi par les thèmes et la structure d’ensemble des histoires (comme dans la toute dernière par exemple, qui prend appui sur une croyance traditionnelle locale).

Je trouve d’ailleurs que ce format court sied à merveille à Rumiko Takahashi. C’est frappant aussi bien dans ces deux recueils publiés par Tonkam que dans Mermaid Forest sorti chez Glénat. L’autrice arrive magnifiquement, en l’espace de 30 pages, à bâtir une histoire originale et intéressante, à développer ses personnages de manière profondes, à introduire différents thèmes et enjeux pertinents, pour finir sur une chute toujours satisfaisante. Sans vouloir faire de comparaison injuste, je dirais même que Rumiko Takahashi est sans doute, à mes yeux, la mangaka qui s’en sort le mieux dans ce format de 30 pages. Il faudra voir ce que donnera Jinbe d’Adachi, mais ce dernier me semble légèrement moins à l’aise dans Short Program. Enfin, s’il y a d’autres auteurs qui peuvent exceller dans le format des nouvelles, ils ont quand même souvent besoin de bien plus de 30 pages (c’est le cas, à mon sens, de Endo). Ces différentes nouvelles de Rumiko Takahashi constituent donc de véritable petites perles, et font figure de véritable tour de force tant il s’agit d’un exercice difficile.

L’édition offerte par Tonkam est en plus somptueuse, comme cela a été relevé avant moi : pas moins de 24 pages couleurs somptueuses au début de trois histoires ont été reproduites, la couverture plastifiée est du plus bel effet et la traduction et l’adaptation semblent de grande qualité. Seul chose un peu curieuse : la volonté, de la part de l’éditeur, d’avoir laissé les onomatopées japonaises contrairement au chien de mon patron. On y perd un peu en compréhension pour certaines cases.

On pourrait développer encore bien davantage tant l’œuvre est riche, si l’on voulait entrer dans les détails et analyser plus précisément les histoires, de manière transversale ou en s’attachent plus particulièrement à chacune (rien que la première histoire mériterait un long développement comme je les affectionne tant est grande sa richesse en seulement 30 pages) mais d’autres le feront sans doute mieux que moi bientôt… Et je tenais à ne pas spoiler afin que tout le monde puisse lire mon avis et peut-être ainsi s’intéresser au titre.
En tous les cas, une excellente oeuvre, évidemment recommandée à tous, à la lecture très riche, et l’un de mes plus gros plaisirs de lecture de ces dernières semaines (il faut dire aussi que j’ai lu à peu près au même moment Angel Heart, qui m’a franchement ennuyé…).
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"Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. (...) Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse." Victor Hugo, Napoléon Le Petit.
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sai
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 17 Avr 2004

Message Posté le : 09/05/04 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

moi aussi franchement chaque nouvelle étaient un régal Exclamation vraiment exellent des déssins pas forcément du niveau de Obata mais fins et précis qui fait une lecture agréable des personnages assez atachants en si peu de pages de l'humour tout le long du manga enfin c'est que du bonheur Exclamation Exclamation Exclamation Très content
merci a herbv de me l'avoir conseillé et de plus les pages en couleurs sont magnifiques Exclamation
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sai le plus proche du coup divin !
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sweetpasta
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 20 Nov 2003
Localisation : Paris

Message Posté le : 09/05/04 12:03    Sujet du message: Répondre en citant

Mon avis rejoint tout à fait les précédents, à savoir une bonne édition avec de superbes pages couleur, des petites histoires pleines d'émotion, un certain regard sur la vie quotidienne japonaise.

Comme Laotzi (de toute façon, je ne peux qu'être d'accord avec quelqu'un qui s'est ennuyé avec Angel Heart, comme moi^^), j'ai trouvé le visage de Yukari, la marchande de romance, très expressif. Pourtant le dessin de l'auteur n'est pas des plus détaillés mais elle réussit à exprimer beaucoup d'émotions en quelques traits.

La seule chose qui me chagrine un peu, mais que personne n'a remarqué (normal, seule une fille peut mettre le doigt dessus Cool ), c'est la représentation systématique de la femme en tant que femme au foyer, aidant au maximum son mari pour sa promotion, toujours avec un balai à la main Fou
Vous me direz que c'est normal, vu que Rumiko Takahashi peint les classes moyennes japonaises et que ça fonctionne comme ça au Japon.
N'empêche que cela m'énerve un peu, certainement car je ne suis pas japonaise.
Je précise quand même que dans le manga, comme cela a déjà été évoqué, les femmes ont le premier rôle et qu'elles se montrent souvent bien plus malines que leurs maris.
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doremi14
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 09 Sept 2003
Localisation : VAl d'Oise (95).

Message Posté le : 09/05/04 12:36    Sujet du message: Répondre en citant

sweetpasta a écrit:

La seule chose qui me chagrine un peu, mais que personne n'a remarqué (normal, seule une fille peut mettre le doigt dessus Cool ), c'est la représentation systématique de la femme en tant que femme au foyer, aidant au maximum son mari pour sa promotion, toujours avec un balai à la main Fou
Vous me direz que c'est normal, vu que Rumiko Takahashi peint les classes moyennes japonaises et que ça fonctionne comme ça au Japon.
N'empêche que cela m'énerve un peu, certainement car je ne suis pas japonaise.



Sauf dans l'histoire intitulée Romance où justement l'héroïne est à la tête de la boutique de mariage, avec toutes les difficultés inhérentes à la tache de gesionnaire. En outre, elle est divorcée. Sans doute, cette histoire illustre une certaine évolution des mentalités au Japon. (Quelqu'un de plus calé que moi sur la culture japonaise pourrait être plus précis à ce sujet Embarassé ).
D'ailleurs après relecture et prise en compte des avis émis dans ce topic, je reviens sur mon avis à propos de cette nouvelle et la trouve effectivement très émouvante.
Soit dit en passant, je suis aussi une fille Clin d'oeil , mais cette omniprésence de la femme au foyer japonaise ne m'avait pas choquée...
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Marie
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 10 Oct 2002
Localisation : Belgique

Message Posté le : 10/05/04 15:26    Sujet du message: Re: [LA TRAGEDIE DE P] Répondre en citant

Ayant énormément apprécié le chien de mon patron c’est avec le même plaisir que j’ai lu la tragédie de P. Plaisir tempéré cependant par le ton légèrement plus amer et réaliste de ces histoires et qui m'ont laissée un peu triste.

Comme dans le premier recueil ont retrouve des récits qui vous disent que la vie n’est qu’une succession de compromis et de moindres maux, que les beaux idéaux doivent s’accommoder de la réalité et que ça ne sert à rien de se plaindre parce que … ça pourrait être pire Mort de rire
Blague à part Takahashi n’est pas une pessimiste qui veut à toute force nous convaincre qu’on vit dans un monde pourri rempli de salauds, bien au contraire elle nous démontre qu'il y a toujours un espoir, une ouverture même si c'est une voie également tapissés d’épines.

Et très important : comme le souligne Cosmos et Laotzi , elle insiste sur les erreurs de jugements, les malentendus et les incompréhensions qui empoisonnent les relations que l’on a avec son entourage (voisins, collègues , famille ). Le japon accordant une importance primordiale à la vie sociale, c’est tout naturellement que l’auteure nous dit de faire des compromis avec soi-même afin de vivre plus heureux. Et si la plupart des problèmes proviennent des contraintes de la vie sociale, leurs solutions ne se trouvent que dans une acceptation active , réfléchie et humaine de celles-ci, car personne ne peut vivre seul.
Amusant non ? on est à des années lumière de l'optique actuelle de notre société ou c'est plutôt : "je vis comme je veux, j’en profite un maximum et j’emmerde ceux qui sont pas contents"

*SPOIL*
cosmos a écrit:
La première pour ce qu'elle cache derrière un visage qui ne semble trahir aucune émotion, sauf dans une unique case où on sent affleurer une grande tristesse, et ceci juste avec quelques trames et une phrase toute simple ("ceux qui aiment les animaux sont gentils, et ceux qui ne les aiment pas sont méchants, c'est ça ?")

je n'ai pas beaucoup aimé cette histoire car je n'éprouve aucune sympathie pour cette femme. Elle aussi a dû se séparer du chien qu"elle aimait tant. Et alors cela excuse tout ? la véritable souffrance qu'elle a ressenti à ce moment ne lui donne pas le droit de s'acharner sur les autres afin de leur faire subir le même chagrin . Effectivement on l'a mal jugée, ce n'est pas une simple emmerdeuse , c'est une refoulée sadique M. Green

* FIN DU SPOIL*


cosmos a écrit:
Mais si, comme l'avait très justement fait remarquer Morgan dans sa chronique, auparavant c'était surtout les pères de famille qui étaient les centres de ces histoires, à présent c'est aux femmes qu'on s'intéresse.

Après vérification le premier tome contient 2 histoires dont le perso principal est une femme, 1 avec une jeune fille, et effectivement 3 avec un homme. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai préféré le premier, les points de vue et les thèmes étant plus variés.

De toute façon ce que j’apprécie chez Rumiko takahashi c’est qu’elle ne s'acharne pas à vouloir démontrer que les femmes sont supérieures . Au contraire, dans ses histoires hommes et femmes ont un rôle aussi important l’un que l’autre, avec leurs qualités et leurs défauts et ce sans favoritisme.
Autrement dit, ils en prennent tous les deux pour leur grade Très content


Dernière édition : Marie le 11/05/04 01:56; Edité 1 fois
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herbv
Modérateur


Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 10/05/04 15:58    Sujet du message: Mon avis Répondre en citant

J'arrive un peu tard, beaucoup de choses ont été dites ici et je n'ai rien à rajouter si ce n'est que j'ai lu hier La tragédie de P (il a fallu que j'aille à Paris pour l'acheter) et que j'ai énormément aimé ce recueil.

Je l'avais lu il y a deux ans en version américaine et des 4 recueils lus à l'époque, c'était celui qui m'avait le moins plus. Or, après relecture, ça doit être, avec Le chien de mon patron, les deux meilleurs recueils que l'auteure nous propose. Mes goûts ont peut-être évolués mais je pense surtout que je fait de le lire en anglais ne m'avait pas permis de bien appréhender la subtilité des histoires et des caractères. Le fait de le (re)lire dans une version impeccablement traduite en français (et dans une édition de très bonne qualité, dommage qu'il n'y ait pas eu de notes de compréhension en fin de volume alors qu'il y avait, cette fois-ci, la place) a du jouer pour beaucoup. Un manga que je conseille très fortement.
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Simple fan (auto-proclamé) de Rumiko Takahashi
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melvin
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Inscrit le : 25 Jan 2004
Localisation : Paris

Message Posté le : 14/05/04 12:20    Sujet du message: Répondre en citant

Les 2 one-shots de Rumiko Takahashi édités chez tonkam sont vraiment très plaisants à découvrir. On peut dire, en effet, qu'elle maitrise à merveille ce format de nouvelles qui ne durent qu'une trentaine de pages. Elle installe le cadre, les personnages et l'histoire avec brio; le lecteur lit avec curiosité et plaisir puisque la découverte de chaque nouveau chapitre apporte son lot d'humour et d'interrogations quand à la "chute" dudit chapitre et finalement on quitte les personnages sans trop de regrets : l'essentiel a été dit dans ces quelques pages et les situations developpées pourraient devenir lassantes sur une plus longue série.

J'ai retrouvé dans Le chien de mon patron et La tragédie de P, la Rumiko Takahashi que je préfère : celle de maison Ikkoku !
Dès qu'elle aborde le quotidien de japonais, avec sa sensibilité et son humour décapant J'ADORE !! ça sonne juste et avec de petites choses banales, elle réussit à nous émouvoir et à nous faire rire... Je préfère très largement quand elle aborde ces thèmes-là, plutôt que les histoires (trop ?) dejantées (comme ranma, lamu) ou les scénarios à rallonge comme inu yasha... M'enfin j'aime quand même tout ça !
Mon rêve serait qu"après inu yasha, elle nous refasse une série plus réaliste, ancré dans le quotidien japonais (en une dizaine de volume maxi.) où on suivrait les petits aléas de l'existence de personnages auxquels on s'identifie tjrs un peu...
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Bp
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Inscrit le : 08 Mai 2003
Localisation : Sur la Drina

Message Posté le : 24/06/04 22:59    Sujet du message: Répondre en citant

Un avis sur les recueils ici.
Un grand merci à Laotzi, aussi. ^^

Bp
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ALLIANCE, n. In international politics, the union of two thieves with hands so deeply inserted in each others pockets that they cannot separately plunder a third.

Ambrose Bierce
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Solman
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Inscrit le : 26 Juil 2003
Localisation : Cholet (49) mais mon coeur est resté à Guingamp !!!

Message Posté le : 25/06/04 02:29    Sujet du message: Répondre en citant

Faire une chronique sur les deux recueils n'était pas chose aisée mais le résultat est de très bonne facture. J'ai surtout beaucoup aimé l'analyse des thèmes récurrents des ces deux oeuvres.

En fait j'ai juste une remarque (qu'on m'avait fait sur un autre forum). Tu utilises le mot "autrice". Or il s'agit d'un néologisme que l'Académie Francaise réprouve.

Voilà donc le lien que j'ai trouvé en m'intéressant à la question.
Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres


Ah si juste pour dire quand même que nonobstant les grandes qualités de ces deux recueils, j'ai préféré "l'orme du caucase" de Taniguchi. Plus je lis Taniguchi, plus il apparait clairement que son talent et sa sensibilité s'exprime pleinement dans la description de ces tranches de (nos) vies.

... bon c'est pas tout mais j'ai High School 7 à lire moua Mort de rire
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[Laurence E. Fritsch - Extrait de Le petit livre des jours]
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herbv
Modérateur


Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 25/06/04 09:02    Sujet du message: Mon avis Répondre en citant

Solman a écrit:
En fait j'ai juste une remarque (qu'on m'avait fait sur un autre forum). Tu utilises le mot "autrice". Or il s'agit d'un néologisme que l'Académie Francaise réprouve.

Personnellement, le fait que l'Académie française le réprouve me pousserait à l'utiliser Clin d'oeil

Pour ma part, conformément à un usage militant, j'utilise "autrice" pour les personnes de sexe féminin ayant commis des écrits féministes, engagés et "auteure" pour les auteurs féminins en général. J'ai écarté "auteuse" pour des raisons d'esthétisme et une plus grande facilité d'utilisation à l'oral car "auteure" a pour avantage de ne pas choquer à l'oreille.

Citation:
Voilà donc le lien que j'ai trouvé en m'intéressant à la question.
Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres

Je l'avais lu il y a quelque temps et sa relecture ne m'a toujours pas convaincu car le fond du problème est trop facilement évacué : le genre masculin étant aussi le genre neutre, cela implique obligatoirement une supériorité du genre masculin. Or c'est ce qui est remis en cause, cet avantage du genre masculin où la confusion des genres littéraire, social et biologique génère une aliénante inégalité. Cette remise en cause est trop facilement évacuée dans ce texte même si on doit s'attendre à ce genre de réponse par des gardiens de l'orthodoxie Sourire

Acessoirement, je ne suis pas allé lire le texte de Bp car je ne fréquente pas le site d'Akata.
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Chroniqueur à du9
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cosmos
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 02 Sept 2002
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Message Posté le : 04/04/07 23:38    Sujet du message: Répondre en citant

Remontage du topic suite à la sortie d'Un bouquet de fleurs rouges cette semaine.



Parler de déception serait un peu fort puisque je ne m'attendais pas à être absolument bouleversé par ce recueil de nouvelles (en plus les scans de deux d'entre elles avaient mis en ligne par Herbv sur son site il y a quelque temps, ce qui limite la surprise). Disons que même en dehors de ses séries à rallonge, Rumiko Takahashi en arrive à raconter toujours la même chose, ici des histoires de familles japonaises banales où se sont installés les regrets, la lassitude... et surtout la difficulté à communiquer. Autant dans les premiers recueils on pouvait être touché, autant au bout du troisième j'ai du mal. Même l'histoire du Bouquet de fleurs rouges, qui pourrait être émouvante, tombe à plat. Ce n'est pas qu'elle soit mal racontée ou inintéressante (au contraire, on sent la maîtrise de la narration de la mangaka), mais c'est qu'elle ressemble énormément à d'autres nouvelles plus anciennes.

De manière générale, les personnages sont à peu près tous semblables d'une histoire à l'autre, entre le père salary man insignifiant, la mère au foyer qui s'est un peu laissée aller sur la nourriture et l'enfant dans sa bulle. Et que dire des dessins de la mangaka qui ont perdu tout leur charme ? (quand on suit Lamu en même temps, ça marque). Enfin au moins, on ne peut pas leur reprocher de ne pas être adapté aux histoires : pour représenter des personnages fades dans des histoires fades, qu'y a-t-il de mieux que des dessins qui le sont tout autant ? Roulement des yeux

Bref, une mangaka qui n'en finit pas de chuter dans mon estime.
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shun
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Message Posté le : 08/04/07 16:45    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ma part j'ai vraiment accroché a ce dernier, les histoires étaient toutes différentes.

Ce qui ma le plus surpris dans ce dernier ce sont les histoires qui sont fortement imprégnées de la culture japonaise, on n'est pas très habitué a ce genre de rdv après X année de l'école Y, encore moins ces mutations au vu du boulot et donc tout ce qu'il entraîne ou encore de devoir s'occuper de nos parents.
Ces histoires nous touche donc moins d'apparence, malgré tout on est pris dans ces petites histoires du quotidien avec plaisir.

Un très bon moment de lecture
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