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Chroniques comics (2)
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Auteur Message
Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 14/06/20 01:23    Sujet du message: Répondre en citant



J'ai beaucoup hésité avant de décider de parler de Divided States of Hysteria. D'ailleurs, j'ai beaucoup hésité avant de l'acheter et le lire. Il faut dire que la série avait beaucoup fait de parler d'elle, en mal, en raison d'une imagerie extrêmement choquante.

Nous la devons à Howard Chaykin, un vétéran du comics auteur de l'excellent American Flagg. Un titre politique et radical à une époque où cela n'était pas la norme, considéré par l'intéressé - en bon commercial - comme l'équivalent du Dark Knight Returns de Miller et du Watchmen de Moore et Gibbons. Or, justement, Miller reste le parfait exemple que la vieillesse et le succès peuvent faire basculer un homme vers le pire. Personnage provocateur, grande gueule, je craignais que Chaykin ait suivi la même voie et que sa nouvelle série ne soit le brulot réactionnaire annoncé par ses détracteurs.

Un entretien récent de l'auteur m'a convaincu de lui donner sa chance. Dans celui-ci, il évoque une enfance très pauvre dont le souvenir l'empêche de quitter l'aile gauche du Parti Démocrate, et sa réaction outrée quand des membres du Comicsgate l'ont contacté, pensant à tort - en raison de son caractère - qu'il partageait leurs idées.

Une fois la lecture entamée, la violence extrême se justifie d'elle-même. Le titre se situe dans la lignée des comics anti-Trump, et celui-ci dépeint une Amérique où le gouvernement aurait continué à exacerber les tensions entre les communautés et multiplier les décisions conservatrices et liberticides jusqu'à un point de non-retour. Il nous dépeint avec force détails le chaos qui s'en suit, dans le but manifeste de choquer le lectorat et de la mettre en garde contre cette vision dégénérée de l'Amérique.
Seulement, s'il faut que je précise tout cela, si les petits fachos du Comicsgate ont cru se reconnaitre en lui, c'est aussi parce qu'il y a un problème.
Car si Divided States of Hysteria peut être interprété comme une initiative louable, sa violence peut aussi être perçue comme complaisante voire complice.
Surtout, il s'agit d'un titre très maladroit. Ce que résume le personnage de Chrissie.

Chrissie est une femme trans, dans une Amérique où nous comprenons - à demi-mots - que la législation interdit tout changement d'état civil, un individu restant obligatoirement associé son genre attribué à la naissance. Ce qui, pour elle, signifie être incarcérée dans une prison pour hommes.
Chaykin semble vraiment faire de son mieux, pour la mettre en valeur et toujours employer des pronoms féminins à son égard - dans sa narration - quand bien même ses protagonistes eux-mêmes seraient peu au fait des questions de transidentité, ou tout simplement trop réac pour s'en soucier.
Mais en même temps, c'est une travailleuse du sexe, une prédatrice prête à se jeter sur tous les beaux mâles qu'elle croise, et un concentré de clichés sur pattes. Elle incarne une vision caricaturale et dangereuse. Un peu comme si l'auteur faisait de son mieux, voulait sincèrement se montrer ouvert d'esprit, mais devait pour cela lutter contre sa nature profonde et des idées fermement ancrées en lui.
Or, cela ne se limite pas à ce personnage en particulier.

Graphiquement... Dans l'entretien, Chaykin mentionne ses assistants, ce qui est louable, il assume ne pas travailler seul sur ses comics, contrairement à de nombreux auteurs. Mais cela explique sans doute pourquoi, malgré son statut à la fois de scénariste et de dessinateur, le trait s'avère aussi changeant, certains protagonistes devenant méconnaissables d'un chapitre à l'autre. C'est un vrai problème. Le dessin garde un pied dans les années 1980, mais avec une coloration numérique. Cela ressemble parfois à du mauvais Steve Dillon, ce n'est pas très agréable et ne rend donc pas la lecture plus aisée. La comparaison avec American Flagg fait très mal.

Récemment, j'expliquais que mes lectures comics actuelles avaient tendance à être inclusives - presque exclusivement le fait de femmes et/ou de personnes queer - mais aussi très sages, qu'il leur manquait une forme de radicalité. Divided States of Hysteria est exactement l'inverse (même s'il s'essaye effectivement mais sans succès à l'inclusion), et en cela, je lui suis reconnaissant. Pour appuyer son propos, Chaykin va loin, quitte à sombrer dans l'outrance ou à délaisser sa trame principale. Cela en fait une expérience intéressante, dérangeante, poussant à s'interroger à son sujet et par conséquent mémorable.
Mais je ne la recommanderais à personne.
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Natth
Mangaversien·ne


Inscrit le : 04 Mai 2008

Message Posté le : 28/06/20 03:16    Sujet du message: Répondre en citant

Bang! Bang! Boom! - 21 chapitres



www.bangbangboomcomic.com (roman, BD et extras accessibles en ligne sur le portail Tapas)

Citation:
In an alternate history version of 1933 America, follow the exploits of protagonists Jakub Danowicz and Cheshire Bloom : gangsters, gamblers, lovers. For years they have fought alongside each other as members of the Kozlow Gang, an Eastern European crime family settled in New York. But it’s only after Jakub convinces Cheshire to leave town with him that their real adventure begins.


J'ai découvert ce titre le vendredi 19 (cf mention dans le JT du yaoi) et je n'ai pas lâché la série depuis. Je suis encore trop à fond dessus, ce que j'essaie de lire à côté me paraît un peu plat. Elle compte actuellement une BD de 21 chapitres (en cours), deux romans (terminés) et des contenus divers (fiches de perso, dessins, drabbles, histoires AU...). J'ai trouvé le style graphique très accrocheur dès les premières pages. Les persos sont dessinés avec soin, tout à fait reconnaissables, bien détaillés et très expressifs (même celui connu pour sa "poker face"). Au fil de l'histoire, j'ai découvert que le caractère des personnages était lui aussi très travaillé. Si le tempérament des héros semble diamétralement opposé, les apparences sont trompeuses et c'est loin d'être un hasard s'ils sont devenus si proches. La BD laisse entrevoir l'histoire de leur relation dans plusieurs flash-backs, mais c'est le roman qui permet de réellement comprendre comment elle s'est construite.

Le roman décrit le passé de Cheshire et Jakub lorsqu'ils se trouvaient encore à New-York au sein du gang Kozlow. Entre trafic d'alcool, hold-up divers et romance cachée, on saisit mieux pourquoi ils sont partis et à quel point d'ailleurs ils valaient mieux qu'ils s'en aillent. Cependant, les autrices ont su rendre les deux supports indépendants. J'ai commencé par la BD et je l'ai adorée, je ne me suis pas du tout sentie perdue dans ma lecture. En fait, j'ai surtout beaucoup trop apprécié cette série et ses personnages pour pouvoir m'arrêter à la BD. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu aussi vite un titre en anglais. Je ne l'ai pas trouvée difficile à comprendre et j'y ai découvert l'opportunité de développer mon argot anglais M. Green

Lorsque Jakub et Cheshire débarquent à Chicago, une toute nouvelle histoire débute comme l'indique le résumé. Le premier contact avec l'un des gangs locaux va leur couper toute possibilité de se mettre au vert vu la tournure des évènements. Mais ce passage va aussi faire glisser le récit vers le fantastique, qui va s'avérer bien plus marquant que dans le roman. Dans cette version alternative des Etats-Unis, la magie existe tout en restant rare. Cheshire la maîtrise étrangement bien, ce qui attire autant l'intérêt que la méfiance, voire la peur, de ceux qui veulent se servir de lui. Le début de la BD va développer cet aspect et les sombres perspectives qu'il risque d'ouvrir. Mais l'intrigue ne se limite pas à cela et l'on retrouve nos héros pris dans de nouvelles affaires illégales. Au passage, le récit s'étend sur la technologie de ce monde, plus évoluée que celle des Etats-Unis des années 30 notamment du point de vue médical.

J'ai été surprise de voir à quel point les autrices développaient et approfondissaient tous leurs personnages secondaires. Même le reporter qui n'apparaît que dans le 21è chapitre est déjà excellent, je l'adore XD. Elles ont réussi à le mettre en valeur en modifiant par exemple le style graphique pour souligner ses pensées. Plusieurs personnages, comme Oscar et Isabella que vous pouvez voir ci-dessous, jouent un rôle important dans l'évolution de l'intrigue générale. Cependant les autrices n'oublient pas de raconter leurs propres histoires, que j'ai trouvées très intéressantes. C'est difficile de rester indifférent devant les personnages tant le récit sait s'attarder sur la bonne expression, le bon passage pour que l'on s'attache à eux (ou que l'on ait très envie de les étriper pour certains).



Les images ci-dessus sont issues des couvertures en couleurs des chapitres. La BD est en noir et blanc, mais chaque chapitre débute par une page couleur. Il y a aussi une illustration en couleurs pour la majeure partie des chapitres du roman, que l'on peut voir en entier dans les extras. Ces pages savent donner le ton d'un chapitre, attirer l'attention sur le point central des pages suivantes. Le dessin permet également de se plonger dans l'ambiance des années 30 : les vêtements, les bâtiments, les voitures, les salles de jeux, les bars... Les femmes ont l'air beaucoup plus présentes dans les forces de police qu'elles ne l'étaient à l'époque, et peut-être plus dans les gangs aussi, mais cela n'est pas choquant vu qu'il s'agit d'un univers alternatif.

Certains chapitres sont notés comme réservés à un public averti. Il peut s'agir d'une scène osée, qui ne prendra guère plus que deux ou trois cases. Cet aspect reste léger dans la BD, alors que ces scènes sont plutôt détaillées dans le roman. Cependant, cela peut aussi concerner un passage violent ou même gore. Un chapitre surtout est très... bref, je vais éviter de spoiler. Ces scènes ont leur importance, y compris dans l'enchaînement graphique de la page ou la logique du récit.

Pour finir je signalerais que le second Kickstarter, celui pour le tome 2 de la BD et du roman, est en cours actuellement. Les tomes 1 sont toujours disponibles dans la boutique, en papier ou en PDF. L'impression des volumes est déjà garantie, mais l'un des bonus peut encore être validé au cours des trois jours restants :
https://www.kickstarter.com/projects/bbboom/bang-bang-boom-vol-2
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