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Chroniques comics (2)
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 28/09/19 21:28    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai profité de mon passage aux US pour faire le plein de lectures. Impressions en vrac sur quelques titres.

Eternity Girl : Alors qu'elle combattait contre son ennemie jurée Madame Atom, Caroline Sharp est victime d'un accident la transformant en Formless Girl, entité immortelle d'une puissance incalculable. Une situation que, plusieurs années plus tard, elle ne supporte plus.
Série en un tome appartenant au label Young Animal de DC Comics, le personnage éponyme fait son apparition dans le très étrange crossover Milk Wars. Il y aurait deux façons d'aborder ce titre. D'un côté, comme une description de la politique de nombreux éditeurs de comics, dont les héros sont des propriétés intellectuelles qu'il serait possible de faire revenir encore et encore ; si Caroline ignore qu'elle est un personnage, elle a bien remarqué être prisonnière d'un cycle de destructions et réincarnations sans fin, auquel elle doit son statut peu enviable d'immortelle. En effet - et il s'agit de la seconde lecture - Caroline est dépressive et parcourue de pulsions suicidaires, mais ne peut pas mourir malgré de très nombreuses tentatives. Le comics met en parallèle les deux visions, avec une héroïne qui va devoir comprendre comment mettre un terme définitif à son existence, quitte à détruire le monde autour d'elle. Il en résulte un titre forcément étrange, légèrement psychédélique mais aussi très méta et blindé de références (notamment graphiques).
L'album jouit apparemment d'une bonne réputation, ce qui m'avait poussé à le tester ; ça et l'apparition du personnage dans Milk Wars. De fait, pour une nouveauté, il est étonnamment difficile à trouver voire à commander, même si j'ai fini par en récupérer un exemplaire en boutique.
Il s'agit d'une lecture surprenante, à l'image du reste de la production Young Animal. Sorte de Dr Manhattan dépressive et déboussolée, Caroline est une héroïne attachante, évoluant dans un monde artificiel imprimé sur papier. Quelle que soit la vision qui aura votre préférence - la réflexion sur le médium ou la thérapie - je pense que cet album est une curiosité méritant le coup d’œil, d'autant plus qu'il se suffit à lui-même et ne nécessite pas de lire Milk Wars ou d'autres titres Young Animal.
Le dessin est signé par Sonny Liew, dont Taliesin parlait précédemment à propos de The Art of Charlie Chan Hock Chye.



X-Men: Red T1 : Cela fait très longtemps que je ne suis plus les aventures des X-Men. Ce qui ne signifie pas que je les rejette en bloc. Régulièrement, un titre - souvent une production parallèle à la série principale, ou un événement particulièrement marquant - reçoit des critiques plus positives, et je peux me laisser tenter.
La dernière fois que j'avais lu du X-Men, Jean Grey était morte. Cela lui arrive de temps en temps. Dans Red - d'après son surnom, lui-même lié à sa couleur de cheveux - nous la découvrons alors qu'elle vient de ressusciter une nouvelle fois, telle le Phénix. Mais le monde a bien changé - en mal - depuis son précédent décès. Après avoir renoué avec ses amis, elle décide de monter sa propre équipe pour créer un monde plus favorable aux mutants.
Du bon et du moins bon, mais globalement, le bon l'emporte donc je lirai la suite. La série ne compte que deux tomes au total. Le comics se montre parfois violent et cruel pour les besoins du scénario mais sans que cela soit pertinent - avec Gambit échouant lamentablement à protéger une civile, ce qui ne lui serait certainement pas arrivé s'il n'avait pas fallu que le personnage en question meurt pour faire avancer l'histoire - et je garde des mauvais souvenirs de l'antagoniste principale, datant du run de Grant Morrison.
Mais comme indiqué tantôt, le positif l'emporte. Jean Grey est une héroïne puissante, en croisade, et avec de nombreuses idées quant aux moyens d'atteindre ses objectifs. Ce n'est pas un personnage que j'apprécie spécialement, mais en l'occurrence, le scénariste en tire le meilleur. Il la place dans un contexte tristement crédible compte-tenu de la situation géopolitique actuelle, et nous ne manquerons pas de faire des parallèles avec l'actualité. La série ne cherche pas à faire passer subtilement sa métaphore, mais ce n'est pas le but. En tout cas, le résultat fonctionne parfaitement. Le titre alterne héroïsme, drame, et même humour - certaines répliques sont savoureuses - et ménage quelques trouvailles, notamment concernant une nouvelle génération de Sentinelles.
J'espère que le second et dernier TPB offrira une résolution satisfaisante à cette intrigue.


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Taliesin
Mangaversien·ne


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 05/01/20 18:15    Sujet du message: 2019 Répondre en citant

En 2019, j'ai pu renouer un peu comme je le souhaitais l'an dernier avec les comics. Je ne sais plus exactement ce que j'ai pu lire l'année passée mais globalement j'ai lu de très bonnes choses. L'année a été marquée par le décès de Gerry Alanguilan, l'auteur du one-shot Elmer dont je vous recommande très chaudement la lecture. Cet artiste philippin travaillait surtout comme encreur avec l'industrie comics chez les Big Two.

Science Fiction: Un comics indé du Canadien Joe Ollmann, auteur qui traite souvent de sujets sombres avec des personnages ayant la quarantaine. C'est le cas ici lorsque le héros, professeur de physique-chimie dans un lycée, stable, cartésien et en couple, finit par se persuader qu'il a été victime d'un enlèvement par des extra-terrestres! Le tout sombre dans la paranoïa, la folie et le couple se détruit à petit feu. C'est parfois drôle (mais plutôt grinçant) et si le début est accrocheur, je trouve le récit un poil trop long par la suite. Le dessin est très expressif par contre et c'est ce qui m'avait plu lorsque j'ai découvert l'auteur au SoBD en 2018 où le Canada était à l'honneur. J'ai opté pour ce titre-là car il était moins épais, en couverture souple, en anglais, et que le titre me plaisait bien en fait. J'ai fini avec une dédicace, interpelée par l'auteur lorsque je me promenais avec son livre dans le salon ^^; .

Louis Riel: Chester Brown est un auteur canadien culte mais j'ai toujours reculé quant à le lire. D'une part parce que Louis Riel dans son édition française dans la collection Ecritures de Casterman est horriblement laide. Deusio parce que tout le monde a chanté des louanges pas possibles à 23 prostituées (que je veux bien lire un jour hein). Ne voulant pas trop découvrir Brown ni par ses histoires autobiographiques (où il raconte forcément ses relations amoureuses - ou tarifées), j'ai choisi Louis Riel qui était vendu dans son édition québecoise par La Pastèque au SoBD 2018. Le livre est une biographie de Louis Riel, personnage historique que je ne connais pas. Figure de rébellion, métisse et francophone lors de la colonisation du Canada, le livre raconte donc son combat politique afin d'avoir une terre pour sa communauté. Malgré le contexte historique très intéressant et inconnu, malgré mes bonnes dispositions, je ne suis jamais entrée dans le livre. Ce fut un pensum (pour reprendre les termes du Bulledairien Pierre, car c'est vraiment ainsi que je l'ai ressenti). C'est raconté avec beaucoup beaucoup beaucoup de distance, à tel point que c'en était glacial, on est complètement (un peu trop même) en dehors du récit, limite on s'en fiche de ce qui va arriver aux personnages. Beaucoup de précision historique aussi (voir les notes en fin de volume). Depuis, j'essaie désespérément de m'en défausser en le vendant mais rien n'y fait: personne ne m'a contactée pour ce livre Mort de rire .

Shade, the Changing Girl TPB #1: reprise d'une figure culte de Vertigo sous la bannière Young Animal, j'ai cité le Shade de Peter Milligan. Une fan de Shade sur sa planète d'origine vole le manteau du poète pour se retrouver coincée dans le corps de la lycéenne (et Terrienne) Megan, celle-ci étant dans le coma. Lorsque Megan se réveille, elle ne sait plus très bien où elle en est et s'aperçoit que personne ne l'appréciait (jusqu'à ses parents qui avaient l'air de se faire à son décès!). J'ai été hypée: par Shade, par le dessin, par l'esthétique psychédélique, par le synopsis. Et finalement, j'ai bien aimé lire ce titre sans non plus ressentir une urgence de lire la suite. En fait, je préfère largement lire Shade, the Changing Man de Milligan avec ses dessins tout crades. D'ailleurs, autant j'aime bien le découpage et l'esthétique, les couleurs de cet opus, autant le trait en lui-même me donne du mal, trouvant qu'il manque de "substance", de caractère. Ce n'est pas le seul titre pour lequel cette critique se fera, peut-être juste que je n'arrive pas à aimer plus le trait récent chez les auteurs de comics plus jeune?

Spinning: Tillie Walden est une jeune autrice qui a beaucoup fait parler d'elle. Et elle continue, ses livres arrivant désormais en France chez Gallimard (il me semble?). Spinning est un titre autobiographique qui revient sur l'enfance et l'adolescence de Walden (elle a 20 ans quand elle l'écrit) dont le quotidien tourne autour du patinage artistique de haut niveau, avec des entraînements à l'aube. De plus, à travers cette histoire, elle nous parle aussi brièvement de son homosexualité. C'est un livre très riche, intimiste, réalisé avec beaucoup de talent, avec un dessin personnel. C'est vraiment une autrice à suivre. Lu en VO chez First Second, dont le format est moins envahissant que la VF (qui reste souple, ouf).

Fun Home: Livre culte de Alison Bechdel (du test oui) dans lequel l'autrice raconte sa relation avec son père, son homosexualité (à elle mais pas que), de suicide, de relation de couple dysfonctionnelle (ses parents). C'est une autobiographie très intello (les références littéraires sont vraiment partout pour le coup) et très profonde. J'adore aussi le dessin de Bechdel, suffisamment simple mais aussi très expressif et très joli. Je suis marquée par le ton intimiste où Bechdel analyse toute sa vie et livre des parallèles entre sa vie et la fiction (littéraire: Proust, Woolf, d'autres y passent). En terme d'autobiographie pas joyeuse, intello, avec une analyse très poussée, je la mets aux côtés de L'Ascension du Haut-mal de David B. J'ai été impressionnée de bout en bout. Une de mes meilleures lectures de l'année je dirais. Lu en VO (mon exemplaire est tout moche mais je m'en fiche ^^; ).

Seconds: Je n'ai jamais lu Bryan O'Malley (depuis 10 ans que je prévois de lire Scott Pilgrim "un jour") et c'est donc le premier pour moi. Visuellement je suis conquise, O'Malley ayant vraiment réussi à mélanger le style manga mignon et le comics. Son trait est très personnel. La couleur est aussi très réussie. L'histoire parle du passage à l'âge adulte d'une jeune femme de 29 ans, cheffe du Seconds, restaurant à succès de la ville, qui décide d'ouvrir un nouvel établissement. Ses angoisses vont la pousser à utiliser une magie pour pouvoir défaire et refaire certains moments clés de sa vie. J'ai fini par vouloir le lire après tout le bien que j'entendais à son propos. Si le début est très entraînant, j'ai trouvé la fin assez longue et parfois répétitive. En outre, le personnage principal n'est vraiment pas attachant et parfois tête à claques, mais reste néanmoins un très bon personnage. C'est une femme adulte, compétente, un poil dépressive et stressée, mais une adulte responsable. J'ai aimé mais je ne le relirai pas. Lu en VO.

Doom Patrol TPB 1: Encore du Young Animal, cette fois reprise de l'équipe la plus dingue du monde, la Doom Patrol, tendance Morrison, gros succès Vertigo. Cette fois, c'est Gerard Way (Umbrella Academy), chef de file du label YA, qui prend les rennes de ce titre. Lorgnant dessus depuis très longtemps, j'ai fini par craquer pour acheter le volume 1. Depuis, le titre est sorti chez Urban Comics grâce à la série (y'a plus que ça... c'est le seul moteur...) avec en plus la Doom Patrol légendaire, celle de Morrison (il était temps). Cette Doom Patrol se veut dans la continuité de Morrison, avec un retour de Dany, une esthétique fofolle, le côté surréaliste de retour, mais avec une nouvelle héroïne. J'ai trouvé le titre très chouette mais manquant de quelque chose. Comme pour Shade the Changing Girl, j'ai eu du mal avec le dessin que ne trouve pas assez "fou" en fait, ni assez "sale". Chez YA, il y a Eternity Girl dont Gemini a parlé qui me fait beaucoup envie. A cause du synopsis mais surtout parce que Sonny Liew est aux dessins Embarassé .

United States Of Murder, Inc TPB1: Jinxworld, l'univers de Bendis, de retour. Avec les dessins de Oeming. C'est le duo de Powers, série à laquelle je voue un culte, qui revient. D'ailleurs, la "dernière histoire" de Christian Walker va sortir en mars (je suis impatiente mais pourquoi en hardcover T-T). Dans cette nouvelle série, le duo réinvente des Etats-Unis complètement gouvernés par la mafia (mais vraiment pas du genre "ils sont partout", mais plutôt, la mafia est normale). On suit un adolescent qui va bientôt connaître son initiation et devenir un "affranchi", sauf que des vérités familiales vont surgir et rien ne se passera comme prévu. C'est un titre noir comme Bendis sait les faire. Le dessin est vraiment superbe (Oeming... je l'adore...), les couleurs de Takio mettent bien en valeur le tout (chaque ambiance...), quant à l'histoire, elle promet mais il manque un petit quelque chose (décidément). Je dirais que cela vient des personnages que je ne trouve pas très intéressants, alors que dans Powers, ceux-ci détonnaient. Les dialogues ne sont pas aussi savoureux. Alors que je suis fan des trucs avec des mafieux, j'ai été surprise d'aimer sans coup de cœur. Je l'ai lu en VO, mais je serais bien contente de pouvoir le lire en bibliothèque pour voir ce que donne la suite.

Rachel Rising TPB 1-7 (intégrale): Les dessins de Terry Moore m'ont toujours hypnotisée sur ce titre. J'ai pu lire une partie de Echo (il y a bien longtemps et beaucoup aimé) et l'intégrale de Strangers in Paradise (série culte qui dure beaucoup trop longtemps et dont l'intérêt se dilue, dommage). Par contre, graphiquement, ce Rachel Rising poussait le bouchon encore plus loin: c'est juste sublime (les scènes sous la neige...). Le titre m'a longtemps fait envie, je voulais avant tout le lire en bibliothèque vu les avis parfois mitigés (la série faisant du surplace). J'ai fini par tomber sur une très bonne affaire avec des TPB à 2€ (en anglais) et j'ai craqué (j'ai dû me procurer les 1 et 7 séparément). C'est un énorme coup de cœur!!! Rachel Beck sort de terre: elle est supposée être morte et recherche son assassin. Elle est accompagnée de sa tante, Johnny, qui travaille à la morgue de Manson, ainsi que de Jet, sa meilleure amie garagiste. Ce titre est plus une tranche de vie horrifique qu'un titre d'horreur. La mort plane tout au long mais c'est furieusement drôle grâce à l'humour de situation mais surtout grâce aux dialogues de Moore qui n'en rate pas une! En vrai, l'intrigue est très vite oubliée, Moore entame plein de pistes mais elles ne se fermeront pas à la fin: c'est simple, rien n'avance! C'est frustrant en soi et je comprends pourquoi les avis sont si mitigés. Mais j'ai été super fan, peut-être qu'au fond, je m'en fichais des intrigues, je ne vois pas autre chose. La lecture m'a captivée de bout en bout, j'ai adoré les personnages de Moore, et surtout, je suis archi-fan de Zoé. Quant aux dessins, ce merveilleux noir et blanc... Vraiment chaque page fut un bonheur pour les yeux. Pour refermer les pistes, il faudra hélas se donner rendez-vous sur Five Years, dernière série de Moore où tout le Terryverse figure... Plutôt curieuse, possible que je craque ^^; (et j'ai déjà craqué en commandant l'intégrale de Echo, pas en un volume, mais en TPB: je veux lire mes livres où je veux!!). Sur la fin de Rachel Rising, seule l'intrigue de départ arrive à son terme au volume 7.

Shade, the Changing Man TPB 2: Milligan et Bachalo reviennent sur ce deuxième volume. ça fait si longtemps que j'ai lu le précédent que j'ai dû relire un peu le TPB 1... La série est toujours aussi vintage, toujours aussi dingue, avec des dessins toujours aussi crasseux. La folie continue de s'emparer des Etats-Unis, c'est l'occasion pour nos personnages de voyager dans le pays, un road trip (sous acide?) nous emmenant à New-York, à Los Angeles très contre-culture, dans un coin paumé où la folie transforme une ville dans un idéal de conformisme des années 50. C'est plein d'idées et notre duo rencontre même une personne qui deviendra une amie (oui fou). En réalité, je n'avais pas le projet de continuer la série vu que tout n'a pas été repris en TPB (pourquoi?) mais aussi à cause du prix des volumes. Mais j'ai réussi à en trouver un à prix suffisamment intéressant pour poursuivre jusqu'au 3 (le dernier). Bref, j'accroche toujours beaucoup (et je trouve donc Shade, the Changing Girl un peu fade à côté).

Fables 13-16 (14-17 en VF chez Urban): Souvenirs assez lointains. Je pensais détester après la fin de l'Adversaire. En fait le volume crossover qui conclut l'histoire de Jack ne m'a pas du tout plu, loin de là, ne lisant pas Jack et ses histoires de "litterals". Par contre, les débuts du deuxième ennemi, Mister Dark, ne m'ont pas déplu. Je suis juste plus dubitative de la vie de famille de Bigby et Snow, je les préférais vraiment sans enfants. De plus, le nombre de personnages s’agrandit, les points de vue sur divers lieux également, ce qui fait une narration un poil morcelée par moment. Le volume 16 avec les super héros m'a moyennement plu, trouvant que Willingham tire un peu trop sur la corde. En réalité, après l'Adversaire, la série aurait très bien pu s'achever. Les dessins de Buckingham sont par contre toujours aussi beaux et je trouve que Lee Loughridge fait un merveilleux travail avec ses couleurs (ce n'est pas toujours le cas, en tout cas, il travaille aussi sur Deadly Class où il accomplit aussi des merveilles). Je vais sûrement lire la fin de la série en 2020 (il était temps depuis ma découverte Mort de rire ).

The Wicked and The Divine TPB 3-5: J'ai enfin pu poursuivre cette série qui me plaît toujours autant par ses dessins mais aussi son histoire. Pourtant, ce n'est pas gagné avec cette bande de personnages égocentriques et tellement 2010, accroc à son smartphone, aux réseaux sociaux, à son look, à ses cheveux! Mais j'accroche beaucoup à cette intrigue fantastique mêlant dieux et mystères. La série est terminée et je suis bien curieuse d'en lire la fin. Je suis la première étonnée à aimer ce titre à vrai dire, tant je me sens aux antipodes de ce type de personnages ^^; (que ce soit le moi de maintenant ou même le moi ado! j'ai toujours été une ringarde...)

Mirror TPB 1: Titre dont le visuel m'a de suite intriguée. Les dessins de Hwei Lim (elle est Malaysienne) sont inspirés manga et en aquarelle, avec tellement de douceur... les personnages mêlent humains et animaux en plus. La scénariste de ce titre est Emma Rios. Mirror m'a surtout plu par son visuel et j'ai fini par me le procurer (cette série fait 2 volumes au total). En lisant une interview de Emma Rios, j'apprends que celle-ci a déjà travaillé dans un atelier BD avec... est em (c'est aussi ainsi qu'elle a connu Hwei Lim). Non, je n'ai pas fait exprès ^^; . J'ai lu ce livre avec appréhension après avoir vu des avis mitigés et surtout, après l'expérience Pretty Deadly (où Emma Rios est cette fois dessinatrice). Finalement, la poésie de Mirror m'a beaucoup plu, j'ai été enchantée. Le visuel et le côté mélancolique n'y sont pas pour rien car l'histoire et surtout l'univers sont complexes. La narration est un peu décousue, sautant des époques. La mise en page, inspirée par le manga, est éclatée et donne lieu à de très belles choses. ça raconte une histoire de colonies et d'expériences sur des animaux qui sont désormais conscients. Il y a du space opera et de la magie dans tout ça. Toujours est-il que ce volume fut un coup de cœur pour moi (même si j'ai du mal à expliquer pourquoi à vrai dire: l'ambiance unique je dirais!). Une vraie découverte Sourire .

The Outside Circle: cadeau d'une amie, j'appréhendais la lecture de ce titre. Il s'agit d'une histoire complète d'un duo d'auteurs canadiens et descendants amérindiens (Patti LaBoucane-Benson et Kelly Melings). L'histoire d'un gangster en prison qui va suivre un programme de réhabilitation. C'est une histoire de rédemption grâce à la reconnexion avec une culture, des racines, une histoire d'identité, une histoire sociale aussi, et familiale. J'appréhendais un peu ce type de récit mais je dois dire que la narration est très prenante, de même que les dessins réussis malgré une coloration un poil trop vive. Le récit est aussi très intéressant côté culturel, où on voit comment la colonisation continue à encore faire du mal, et comment la violence s'insère dans une histoire familale. Un très beau livre donc, ce fut même un coup de cœur de mon côté.
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Lisez Descending Stories de Haruko Kumota, tout est dispo en 10 volumes en anglais Très content
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Message Posté le : 11/02/20 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

Jane Foster Valkyrie T1 : Je ne suis plus beaucoup de comics en ce moment, non pas que cela gène mon portefeuille (même si j'essaye de rattraper les Batman de Tom King). C'est sans doute dû à une relative difficulté à m'informer et à lire des avis d'autres personnes sur le sujet.
Je ne sais plus comment j'ai entendu parler de ce titre en particulier, mais comme il s'agit de la suite de l'excellent Mighty Thor de Jason Aaron (il reste co-scénariste de cette nouvelle série), j'ai décidé de franchir le pas.

Ceci dit, il ne s'agit pas d'une suite directe, puisque d'autres événements se sont déroulés entretemps, dans des comics que je n'ai pas suivis. Mais les tenants et aboutissants se comprennent de suite. Tout ce qu'il faut savoir, c'est que les Valkyries sont mortes (à l'exception de Dani Moonstar), que Jane Foster est retournée à la vie civile, et qu'elle a gardé une relique appartenant à un de ses anciens adversaires.
Seulement, pour des raisons qui nous seront exposées dans ce premier arc - lequel sert vraiment d'introduction - le monde ne peut pas exister sans Valkyries, et Jane Foster se propose pour reprendre ce rôle. Par amitié envers Thor et Brünhilde, et sans doute car les pouvoirs divins et les décharges d'adrénaline lui manquent.
Mais être Valkyrie, ce n'est pas être une super-héroïne, mais quelque chose de différent qu'elle va devoir découvrir.

Ce premier tome fonctionne à merveille. Bien entendu, mieux vaut avoir lu les précédentes aventures de "Doc Valkyrie", mais il joue bien son rôle d'introduction. Jane Foster a repris le travail et doit, à la façon d'un Peter Parker, apprendre à jouer entre son identité publique et sa vie privée ; avec plus ou moins de bonheur jusqu'à présent. En parallèle, elle va explorer ses nouveaux pouvoirs, et surtout, la charge bien particulière qui les accompagne ; laquelle ne va pas forcément de soi.
Il s'agit donc avant tout d'un voyage initiatique pour notre héroïne, coincée entre la mythologie asgardienne et son quotidien newyorkais.

Si j'avais un reproche à faire, ce serait d'avoir la main lourde sur les morts héroïques. Evidemment, cela va de pair avec les fonctions de Valkyrie, mais tuer des personnages emblématiques dont nous nous doutons bien qu'ils reviendront un jour, c'est un procédé éculé.
Pour le reste, c'est du positif : il s'agit d'une excellente héroïne, attachante, puissante, et imparfaite, à qui il ne reste plus qu'à écrire des histoires attrayantes maintenant que les bases de son univers ont été posées. Ce premier arc possède un bon rythme, et j'ai particulièrement apprécié la façon dont est mis en scène le personnage de Mephisto.

Je lirai la suite.


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Message Posté le : 14/03/20 21:02    Sujet du message: Répondre en citant

Tom King est le nouveau scénariste star du comics américain. Après un passage remarqué chez Marvel Comics avec Vision, il est passé chez DC Comics où il s'occupe en ce moment de Batman.

Vision fût une lecture intéressante, à défaut de m'avoir autant emballé qu'espéré compte-tenu des retours dithyrambiques sur le titre. Je n'avais pas forcément prévu de tenter son long travail sur Batman, mais deux éléments m'ont convaincu : la romance avec Catwoman, et le retour annoncé du Phantasm, personnage culte créé par Paul Dini et Bruce Timm. Seulement, après 9 TPB - soit plus d'une cinquantaine de numéros - je vais m'arrêter là. Tous les enjeux ne sont pas bouclés pour autant, et j'avoue me demander comment tout cela va finir. Malheureusement, ma patience est à bout.

Son travail sur la chauve-souris se concentre avant tout sur sa relation au bonheur et à une vie plus rangée - ici incarnée par Catwoman - et son combat contre Bane, même si tous les ennemis réguliers de Batman répondront évidemment présents.
Bane est un choix intéressant. Selon les scénaristes, il s'agit soit d'une brute épaisse, soit d'un fin tacticien représentant un danger réel. La saga Knightfall reste une pierre angulaire de la carrière de Batman, durant laquelle il aura vu son dos et sa volonté brisés - au moins pour un temps - par ce même Bane. En faire l'antagoniste principal est donc symbolique.
Il faut dire que Tom King est un fanboy, il ne le cache pas. Ainsi, les rues de Gotham City sont maintenant nommées d'après de célèbres artistes ayant travaillé sur le héros, il fait appel à certains d'entre eux afin de dessiner une planche chacun dans une histoire poignante, et il n'hésite pas à employer des ennemis parmi les plus loufoques de la Rogue Gallery ; avec une passion étrange pour Kite Man.

Mais est-ce que tout cela suffit ? Non.
En tant que scénariste, il est capable du meilleur comme du pire. Certaines histoires sont réellement bonnes et intéressantes, parfois poignantes. Nous comprendrons plus tard qu'il existe un plan d'ensemble, mais j'y reviendrai. Quand il fait correctement son travail, c'est plutôt efficace et divertissant, avec quelques trouvailles de temps à autre.
Malheureusement, il y a des fautes de goût. La plus flagrante : il met un point d'honneur à faire comprendre à son lectorat à quel point les ennemis de Batman sont dangereux. Donc ils tuent. Beaucoup. Et l'auteur met énormément d'emphase sur cet aspect en particulier, comme si cette violence le fascinait plus que de raisons. A tel point que cela en deviendrait complaisant.
Quel intérêt de voir le Joker perpétrer un massacre dans une église pendant un mariage, surtout en prenant bien soin de nous le montrer tuer les mariés et leur famille ? Il aurait pu obtenir le même résultat sans aller aussi loin dans ce qui ressemble de plus en plus à de la vulgarité gratuite.

C'est ce qui m'a le plus dérangé sur les premiers tomes, jusqu'à ce que je me rende compte d'un problème encore plus grave. Tom King est atteint de Nolanite aiguë !
Christopher Nolan est aujourd'hui présenté comme le pape du blockbuster dit intelligent, des films à grand spectacle mais dotés d'un scénario complexe et bien écrit. Sauf qu'à bien y regarder, c'est de la poudre aux yeux. Il s'amuse à rajouter des circonvolutions pour donner une apparente complexité à des récits qui sinon révèleraient à quel point ils sont linéaires, et est aussi le premier à contredire ce qu'il raconte si cela peut aider l'évolution de son scénario ou sa mise-en-scène. Ses long-métrages ne sont intelligents que tant que le spectateur en est persuadé ; dans le cas contraire, la magie disparait.
Tom King est exactement pareil. Il est très content de ses effets, très content de ses révélations, et il nous le fait savoir. En même temps, cela signifie qu'il doit parfois tricher, ou se contredire. Donc il rajoute une dose de complexité, il essaye de noyer le poisson, il décrit par le menu les aspects de son scénario qu'il maitrise et passe rapidement sur ses faiblesses pour essayer de les cacher.
Par exemple, il élabore à un moment une histoire alambiquée, où Batman prépare plusieurs coups d'avance pour vaincre son adversaire ; et nous assener que tout cela était un plan bien huilé depuis le début est censé fonctionner comme un moment d'euphorie pour le lectorat. Sauf que, pour que cela marche, il faut que Harley Quinn soit une neurochirurgienne avec quatre doctorats. Donc Harley Quinn est une neurochirurgienne avec quatre doctorats, et non plus une psychiatre. Noyé dans une foule d'informations, ça devrait passer tout seul. Ou pas.
Il ne s'agit pas d'un incident isolé. Lorsque le scénariste essaye de jouer au petit malin, cela se finit généralement mal. Quant au plan d'ensemble que je mentionnais, il vient avec son lot d'incohérences, ou de dialogues qui - rétrospectivement - ne font sens que si les personnages savent qu'ils sont observés par les lecteurs et doivent les tromper...

Je ne suis pas prêt de relire un de ses comics.
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Message Posté le : 21/03/20 20:00    Sujet du message: Répondre en citant

House of X / Powers of X : Moira MacTaggert est une mutante. A partir de là, soit vous ne savez pas de qui il s'agit et vous vous en foutez, vous vous connaissez l'univers X-Men suffisamment bien pour vous demander ce qui a bien pu passer par la tête du scénariste Jonathan Hickman. Pour ma part, cela m'a mis en rage, dans la mesure où ce genre de "révélation" est impossible sans remettre en cause tout ce que la série X-Men a raconté depuis 45 ans. Et cette mini-série va bien plus loin, laissant supposer que tout ce que nous avons pu lire depuis 1975 était en réalité une comédie mise en place pour tromper le monde (donc le lectorat) et aboutir à ce moment précis.

Ai-je besoin de souligner à quel point c'est débile et grossier ? A quel point il est peu probable que Chris Claremont ait imaginé ça quand il a créé le personnage en reprenant la série ? L'éditeur veut redynamiser la franchise en donnant un gros coup de pied dans la fourmilière, et pour se faire, la seule solution est un bon gros retcon des familles. C'est franchement malhonnête. Et cela passe par faire de Moira une mutante.

House of X / Powers of X est donc la dernière idée complètement folle de Marvel Comics, la nouvelle mini-série censée changer le monde et ainsi de suite, un peu comme House of M en son temps. Effectivement, il se passe beaucoup de choses, et nous y voyons peu les personnages emblématiques. Le propos est avant tout de changer la donne, et de nous expliquer comment, au moyen de plusieurs récits parallèles. Dont certains se déroulent dans le futur, ce qui m'a dans un premier temps aussi énervé - dans la mesure où ils viennent s'ajouter à la longue liste de futurs apocalyptiques de la Terre 616 - avant que le scénariste ne révèle son truc.

La mini-série n'est pas désagréable à lire en l'état, même si en l'occurrence, elle vient encore parachever le travail de déconstruction initié par Grant Morrison au début des années 2000. X-Men ne sera plus jamais une série simple, de héros ostracisés luttant pour sauver un monde qui les craint. Pour cela, il faut lire Ultimate X-Men, une des meilleures choses imaginées autour des X-Men depuis cette époque, et consistant essentiellement en une modernisation des écrits de Chris Claremont. Mais pas la série régulière.

House of X / Powers of X fût agréable à lire, un récit alambiqué autour des mutants, des futurs possibles, de la coexistence avec les humains, et des rêves respectifs du Professeur X et de Magneto. Dans le fond, c'est intéressant, même si j'apprécie guère qu'il a fallu sacrifier un personnage récurrent au passage.
Mais en même temps, je ne peux pas voir cette mini-série comme appartenant à la trame de X-Men. Les héros d'hier sont devenus des fanatiques, les ennemis de précieux alliés contre l'humanité. Ils jouent avec la vie et la mort comme si tout cela n'avait plus aucune conséquence. Comme dit, c'est intéressant, les idées ne manquent pas de charme. Mais en même temps, c'est plutôt malsain.
Cet univers ne semble survivre qu'en partant dans des concepts toujours plus extrêmes, en radicalisant ses protagonistes toujours un peu plus. A un moment, il faudra que cela s'arrête.

Pour finir, je tiens à citer Moira MacTaggert à propos des mutants et du rêve de Charles Xavier : "We always lose". Oui, c'est pour cela que j'ai fini par me détourner de cette franchise, du moins dans sa trame principale. Néanmoins, deux titres bâtis sur ce nouveau statut quo semblent posséder un potentiel : Excalibur et The Maraudeurs. A voir.
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michael
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Message Posté le : 22/03/20 00:09    Sujet du message: Répondre en citant

Hum... tu me refroidis bien.
Hickman sur X-men ça suscitait pas mal mon intérêt, surtout qu'il n'y a plus grand chose à se mettre sous la dent depuis un moment dans le franchise... je jetterai quand même un oeil peu enthousiaste au moment de la sortie française, histoire de ne pas regretter, mais ça en plus quoi.
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Gemini_
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Message Posté le : 22/03/20 12:09    Sujet du message: Répondre en citant

En soi, cette mini-série n'est pas mauvaise, elle propose de bonnes pistes. Mais à mon sens, la seule façon de l'apprécier pleinement, c'est de la prendre comme une histoire se déroulant sur une Terre parallèle, en dehors de la trame principale. De toute façon, elle finira bien par se faire retcon à son tour...
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Gemini_
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Message Posté le : 31/03/20 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Batman White Knight : Mini-série signée Sean Murphy. Privé de son soutien de toujours Alfred, Batman se montre de plus en plus violent et incontrôlable. Lorsque, soumis à un traitement expérimental, le Joker semble prendre la voie de la guérison et de la rédemption, le Chevalier Noir reste persuadé qu'il s'agit là d'une ruse pour conquérir Gotham City. Une lutte s'engage contre ce nouveau Chevalier Blanc.

J'ai testé ce comics car il bénéficie d'une excellente réputation, et après avoir terminé ma lecture, je la trouve méritée ; même si j'aurais tout-de-même quelques commentaires à faire, et que certains moments s'avèrent laborieux.

Pour commencer, j'aimerais signaler qu'il s'agit clairement de l'oeuvre d'un fan. Plus exactement, un fan de la série TV des années 1990. Ce n'est pas forcément évident au début, même si l'auteur fait le choix d'une Rogue Gallery bien particulière, excluant certains antagonistes au profit d'autres, pour finalement obtenir un casting semblable à celui de l'oeuvre de Bruce Timm et Paul Dini. Il s'agit ainsi de mon premier comics avec Mary Dahl, personnage emblématique de la série d'animation, mais qui jusqu'à présent n'existait pas dans l'univers de la BD. La mise en avant d'Harley Quinn, ainsi que la négation de son côté plus explosif et séducteur, est aussi assez symptomatique.
Je ne vais pas pas faire une liste de tous les éléments renvoyant spécifiquement à la série, toujours est-il que ceux-ci s'accumulent au fil des pages, pour aboutir à quelques moments vraiment jouissifs. Cela peut paraitre comme du fanservice, et pour les personnes ayant découvert Gotham City par ce biais, ça l'est certainement. Pour autant, je réfuse de bouder mon plaisir.

Batman White Knight peut se diviser en deux parties. Dans la première, nous assistons à la déchéance progressive de notre héros, tandis que le Joker - alias Jack Napier - abandonne la folie au profit de la stabilité et d'un projet politique. Cela peut être frustrant, car Bruce Wayne ne ressort clairement pas grandi de cet exercice pourtant passionnant. Malgré la qualité d'écriture, ce n'est donc pas toujours aisé à lire. Dans la seconde, les éléments s'agencent d'une nouvelle façon, certaines zones d'ombre s'éclairent, pour mieux donner lieu à un final explosif et extrêmement gratifiant. Sans doute un peu trop, je vous renvoie à ce que je mentionnais tantôt concernant le fanservice. Malgré tout, cela fait tellement de bien, surtout après tout ce qu'il vient de se passer, que je ne peux pas en tenir rigueur à l'auteur.

Sean Murphy a le mérite de poser des questions pertinentes - notamment sur les dommages collatéraux, même si Marvel Comics a depuis longtemps abordé le sujet - et de ne pas mettre ses personnages sur un piédestal (à l'exception d'une Harleen qu'il ne peut s'empêcher d'admirer). Son trait sied à merveille à son univers, et à sa découverte des quartiers les moins aisés de la ville. Il propose aussi d'excellentes réinterprétations des personnages, avec une vraie recherche visuelle ; j'apprécie tout particulièrement le nouveau look de Scarecrow, même s'il apparait peu. Par contre, je doute de la pertinence de s'interroger sur la.... hum... relation entre Babydoll et Killer Croc.

J'ai adoré, et en même temps, je sais que cela tient aussi à un scénariste qui sait toucher la corde sensible. Je suppose que cette mini-série devrait malgré tout pouvoir parler au plus grand nombre.


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Message Posté le : 23/04/20 11:00    Sujet du message: Répondre en citant

Batman: Knightfall : Suite et fin de ce retour sur Batman, dans la mesure où je viens d'épuiser toutes mes réserves.

Knightfall est une saga importante de la mythologie du personnage, dans le sens où les personnages eux-mêmes font régulièrement référence à certains événements s'y déroulant. Surtout un, en réalité : le moment où Batman est tombé, celui où Bane a brisé le dos du Chevalier Noir.



Sauf que c'est l'arbre cachant la forêt. Knightfall a été réuni sous la forme de trois volumes de plus de 600 pages chacun, et regroupant différentes séries tournant autour du Justicier Masqué, comme Catwoman ou Detective Comics. Si nous nous doutons bien que certains chapitres servent à nous montrer comment Batman a pu être vaincu, puis comment il a surmonté cette épreuve, cela ne suffit pas à composer une saga aussi longue.

Knightfall commence bel et bien par un héros fatigué, confronté à des vagues de super-criminels récemments échappés de prison ou d'asile. Bane choisit le moment où Bruce Wayne n'en peut plus pour surgir et sévir. C'est un héros exténué et brisé qui va alors prendre une décision radicale : confier sa cape à un nouveau Batman.
Contrairement à ce que nous pourrions attendre, l'élu se nomme Jean-Paul Valley, alias Azrael, un jeune homme conditionné par un ordre secret pour devenir leur assassin, mais revenu dans le droit chemin et oeuvrant désormais pour le bien commun. Un choix qui ne fera pas l'unanimité.

La saga consiste donc essentiellement à suivre ce Batman nouvelle génération, et à travers lui à explorer ce qui fait le personnage, et en quoi il pourra échouer dans ce rôle jusqu'à ce que le détenteur original de cette charge puisse prendre le relais. Qu'est-ce qui sépare Batman des criminels qu'il combat ?
Bien qu'il date de 1993/1994, je prends Knightfall comme une réflexion autour du Dark Age, cette période durant laquelle l'industrie du comics se tourne vers des (anti) héros plus sombres, plus radicaux, sous l'impulsion d'Image Comics, avec des personnages comme Spawn, Punisher, ou Cable. Le Chevalier Noir est-il compatible avec cette nouvelle génération, pour qui la violence est nécessaire voire légitime quand il s'agit de combattre le crime ?
Sans surprise, Knightfall répond par la négative. Mais il est intéressant de suivre le cheminement de Batman, Azrael, Robin, Catwoman et Nightwing pour en arriver à leur propre conclusion.

Au-delà de l'aspect réflexif, cette saga oppose notre Batman nouveau à de nombreuses menaces, ainsi qu'à des ennemis bien connus de la Chauve-Souris. Le résultat est souvent très plaisant à suivre. Je retiendrai particulièrement la première rencontre avec Catwoman, courant sur plusieurs numéros, ainsi que la confrontation avec le Joker. Ce-dernier se lance dans le cinéma, et le résultat est un véritable délice durant lequel il ira jusqu'à prendre de célèbres critiques américains comme assistants.

Knightfall n'est clairement pas la meilleure porte d'entrée pour découvrir le personnage. Il s'agit d'une saga longue, au dessin changeant, perdue quelque part dans les années 1990. Pour les novices, le voyage risque d'être violent. Mais si vous avez fait le tour des classiques, je pense qu'il s'agit d'une aventure à découvrir. Pour ma part, j'ai adoré, bien plus que ce à quoi je m'attendais.
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herbv
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Message Posté le : 23/04/20 11:15    Sujet du message: Mon avis Répondre en citant

Cela donne envie d'essayer...



Je vois que la série est sortie en français chez Urban Comics en cinq tomes. Je vais voir (enfin, quand ça sera possible) à les emprunter en biblio.

Je vois sur bulledair qu'il y a une chiée de dessinateurs différents et je ne connais aucun des noms... Il y a une certaine harmonie graphique ou c'est un peu n'importe quoi ? Et les couleurs, c'est les couleurs de merde habituelles au comics de super moule-burnes ou il y a un travail un peu moins photoshopé ?
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Gemini_
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Message Posté le : 23/04/20 11:36    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, cela change tout le temps de dessinateurs, mais cela s'explique (en partie) car l'histoire se poursuit sur plusieurs séries en parallèle, et fait des crossovers sur d'autres titres dont les numéros correspondant sont inclus dans les albums (du moins les albums US).
Donc non, il ne faut pas s'attendre à la moindre unité graphique, et il y en a même qui vont tâche.
Quant à la coloration, c'est souvent du dégueulasse de première moitié des années 1990. Typique de l'époque. Disons que cela participe à l'ambiance crade.
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herbv
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Message Posté le : 23/04/20 11:40    Sujet du message: Réaction Répondre en citant

Merci. Je m'en doutais car tu parlais de crossover et dans ce cas, il me semble que ça part souvent dans tous les sens, chaque série ayant son style. Pour la colorisation, je verrais bien (mais j'avoue faire un gros blocage là dessus). Bon, au moins, on devrait éviter le papier brillant (autre insupportable manie des américains) Sourire
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Message Posté le : 23/04/20 11:54    Sujet du message: Répondre en citant

Pas de papier brillant sur l'édition que j'ai : compte-tenu du volume, elle a été pensée à l'économie pour rester à un prix abordable.
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herbv
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Message Posté le : 26/04/20 22:06    Sujet du message: Mon cas Répondre en citant

Il faut croire que tu m'as inspiré, Gemini. Sourire

Je viens d'écrire un billet WordPress un peu à rallonge (c'est de pire en pire) où j'essaye de mieux comprendre le monde de l'édition aux USA à partir d'un cas concret :


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samizo kouhei
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Message Posté le : 27/04/20 11:49    Sujet du message: Répondre en citant

Knightfall est un des pires trucs que j'ai lus. Découvert au moment de la sortie française chez Urban (à l'époque de the Dark Knight Rises), j'ai tenu 3 tomes mais ça commençait à faire cher le troll. Les éditeurs DC en avaient marre qu'on leur demande un Batman edgy ? Ils ont poussé l'outrance à fond. Le pire des années 90 et le cul entre 2 chaises graphiquement parlant, en effet, entre un Jim Aparo enchaîné à sa table de travail et des tâcherons qui copient Image.
Et sinon, J’ai enfin fini La Tempête, 4ème et dernier volume de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de Moore et O’Neill, et ce fut laborieux. J’avais adoré les 2 premiers volumes mais j’avais été plus réservé sur Century, où le dessin était bien moins soigné et l’intrigue un peu trop centrée sur les intérêts d’Alan Moore : le cul, la drogue et l’occultisme. Ce dernier volume est très ésotérique, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Les références littéraires obscures n’ont pas beaucoup aidé.
DCeased par contre, ça passe tout seul, même si on sent qu'ils tâtaient le terrain pour voir si c'était viable commercialement.
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