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Chroniques comics (2)
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Taliesin
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 01/10/17 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

En tout cas Aaapoum m'a répondu sur Twitter en me disant avoir beaucoup aimé jusqu'au volume 4 Sourire (mais pourquoi cet acharnement???). Après, je ne sais pas qui de l'équipe l'aime.
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Taliesin
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 03/01/18 14:38    Sujet du message: Répondre en citant

Tout d'abord, bonne année à tout le monde ici Très content

Cela fait partie de mes résolutions: écrire un peu plus sur le forum (et mon blog...) au lieu de tout balancer sur Twitter, ce que je trouve contre productif. Je ne dis pas que je vais écrire des choses intéressantes, ni qui changeront la face du monde...

Une autre résolution est de revenir vers le comics, tant l'année 2017 en fut peu pourvu (malgré des perles): Patience, Monstress 1, Deadly Class 1, la fin de The Unwritten (que je conseille vraiment, surtout que ça ressort *enfin* chez Urban Comics! et aussi à lire aussi si vous avez du mal avec les blaireaux et autres, Le vent dans les saules).



Je lis enfin Phonogram du duo McKelvie/Kieron qui a le vent en poupe depuis The Wicked and the Divine (dont je n'ai toujours pas dépassé le volume 1 alors que j'ai beaucoup aimé...). Je commence donc par le premier opus de cette série en 3 volumes, soit Rue Britannia.

Et là, c'est le drame. Je n'accroche pas vraiment, mais la lecture se fera laborieuse jusqu'au bout. C'est simple, j'ai dû passer totalement à côté, ne comprenant aucun des enjeux dans l'histoire. Je m'en fiche limite des personnages, ceux-ci se montrant assez peu attachant, et en premier lieu David Kohl, notre héros phonomancer (une sorte de magicien de la musique, mais on n'en saura pas beaucoup plus finalement! Et sa magie, on ne la voit quasi pas non plus...). Je m'attendais, comme certains le décrivaient, à une sorte de Sandman musical mais en fait non. J'ai trouvé que le tout sentait aussi un peu le toc, l'esbroufe, et surtout, évidemment, le "style".

Après, c'est aussi un peu ma faute tant je n'y connais rien mais alors rien à la musique pop. Et avant de lire cette série, je connaissais le mot britpop, mais je ne savais même pas de quoi il s'agissait: pop britannique. Je croyais même que ça englobait les Beatles Mort de rire pour vous dire mon ignorance. J'étais donc mal partie: malgré le lexique de fin (dont je ne connaissais que Oasis, Blur - de nom, jms écouté, et Wu-Tang Clan), c'était quand même dur à chaque nom de chanson ou de groupe balancé à ta face. Je crois que je ne connaissais que Camden au final, après y avoir fait un petit tour cet été, reconnaissant une ou deux devantures de pub Mort de rire .

Je vous ai dit que j'ai toute la série? J'espère que la suite est mieux racontée (j'ai profité de prix bas pour les prendre j'aurais plutôt dû ne rien prendre et m'acheter Mirror Mort de rire ). L'impression que je ratais chaque fois un épisode dans ce volume. C'est donc un ratage de mon côté.




Ice Haven est sûrement le premier Daniel Clowes que j'ai découvert. Je n'avais pas trop accroché à ma première lecture, et j'ai commencé à adorer l'auteur en découvrant Ghost World et je suis devenue accroc avec Wilson puis Comme un gant de velours pris dans la fonte (très particulier celui-ci, mais chouchou personnel ^^ ). Puis j'ai redécouvert Ice Haven qui est en réalité l'un des livres les plus réussis de Clowes. Je suis bien obligée d'admettre, malgré les débuts de ma relation ratée avec ses livres, que Clowes est devenu l'un des auteurs les plus importants de ma vie de lectrice.

Ice Haven est un livre choral. Alors que le petit David Goldbgerg disparaît (sûrement un kidnapping?) de la ville de Ice Haven, on voit tous les habitants continuer à vivre leur vie tout en étant plus ou moins affecté par ce fait divers. On suit tous les personnages de la couverture, et tous sont assez délicieux dans leurs frustrations et leur caractère aigri. On retrouve donc un critique de bandes dessinées (pas "romans graphiques" il n'aime pas ce terme) analysant tout au long de la lecture le medium tout en permettant une belle mise en abyme, mais aussi un poète raté, une jeune femme en quête de reconnaissante, une ado qui veut se barrer à tout prix, un collégien apeuré ou encore un détective (raté aussi mais intègre). Chaque fois que j'ai relu ce livre, j'ai redécouvert une réplique ici et là, toujours bien senties Mort de rire . Clowes n'a pas son pareil pour les répliques cassantes...




Voilà. Je l'ai lu. Le précieux: The Sandman: Overture, de Neil Gaiman en équipe avec le très talentueux JH Williams III (j'ai attendu longtemps pour m'offrir le TPB). Et que dire... une orgie graphique à chaque page grâce à Williams III. Une histoire très inspirée de Neil Gaiman (j'avais un peu peur, je n'ai pas lu L'océan au bout du chemin mais je trouve l'auteur en légère baisse depuis Anansi Boys). je trouve que la série principale se suffit à elle-même, mais cet opus est très réussi aussi. J'ai un peu du mal à dire autre chose que "waouw" en fait...
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Cyril
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 04 Sept 2002
Localisation : Evry

Message Posté le : 10/01/18 07:50    Sujet du message: Répondre en citant



Tome 24 (et dernier de la dynastie Donald Duck) fini. S'il y a quelques défauts éditoriaux (résumés spoilant au début des histoires, fautes de français dans le premier tome, couvertures sans rapport avec le contenu des volumes.) et s'il y a quelques histoires médiocres ou répétitives dans cette intégrale, plus particulièrement vers la fin de sa carrière, je ne regrette pas mes achats tant il y a d'histoires excellentes et de personnages attachants, drôles et touchants, sur lesquelles Don Rosa saura s'appuyer pour proposer un résultat encore meilleur.

Sur le tome 24, cependant, je suis assez critique. pas sur les histoires qui sont globalement bonnes, qu'elles tournent autour de Picsou ou de Donald, souvent confronté à son cousin, Gontran le veinard. La lettre au père Noël, qui ouvre le volume, est probablement la meilleure, avec Picsou et Donald qui s'opposent pour offrir un cadeau de Noël aux enfants. Les deux se montrent hargneux et prêt à en découdre, privilégiant leurs égos au détriment de ce que veulent Riri, Fifii et Loulou.

Le bâton de source et Les trois ours déclinent le thème classique de Donald et de ses neveux qui se font des farces et proposent des gags assez amusants. On retiendra enfin également En route pour le grand nord ! dans lequel Donald fait une mauvaise farce à son cousin trop chanceux.

Le problème vient surtout du fait que les BDs n'occupent qu'environ 150 pages et que, pourtant, le volume est au même prix. Certains bonus sont intéressants, notamment tout ce qui concerne les tableaux de Barks (qui, au passage, mériteraient un bel artbook) Mais la recension de toutes les BDs de Barks, si elle peut être utile pour les fans hardcore, ne mérite pas 15 € à mon avis. Glénat aurait pu faire un effort sur le prix.
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Les chats, ils dépensent leur pognon au baby-foot, ils passent leur temps à fumer des pétards et à grimper au plafond. Les chats, c'est vraiment des branleurs. C'était un message du CCC, le Comité Contre les Chats.
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Gemini_
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Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 16/02/18 21:55    Sujet du message: Répondre en citant

Misfit City T1 : Cannon Cove est le parfait endroit pour passer le week-end, si vous êtes fans du célèbre film qui y fut tourné dans les années 80. Mais si vous avez toujours habité là, il s'agit de la ville la plus déprimante au monde. C'est justement le cas d'un groupe d'amies aussi inséparables que socialement à la marge. Lorsqu'elles découvrent une carte au trésor dans le coffre d'un vieux marin, la réalité commence à rejoindre la fiction.
Les Goonies de Richard Donner. C'est le film en question, si vous vous demandiez. Mais cela n'a aucune importance. Inutile de le connaitre, voire même de l'avoir vu. Il pourrait tout aussi bien s'agir d'une œuvre fictive (d'ailleurs il ne s'appelle pas comme ça dans l'univers du comics), il sert avant tout d'élément du quotidien des héroïnes (une d'elles travaillant dans le "musée" consacré au tournage).
Je tiens aussi à vous rassurer : ce n'est pas non plus une série régressive et pseudo-nostalgique à la Stranger Things (qui justement réutilise l'acteur principal des Goonies). Nous sommes plus proches de Lumberjanes - du même éditeur, comme par hasard - à la différence près que, plus matures, les héroïnes ne cherchent pas l'aventure à tout prix. Mais dans le fond, elles ne demandent qu'à se prendre au jeu.
Ce qui m'a attiré vers ce titre, ce n'est pas seulement le synopsis ou la filiation évidente avec la meilleure série du moment - Lumberjanes, suivez un peu - mais parce qu'il s'agit du premier comics écrit par Kirsten Smith. Et Kirsten Smith, c'est la scénariste de Legally Blonde et de House Bunny. Surtout Legally Blonde. J'adore Legally Blonde.
Misfit City nous invite à suivre cinq héroïnes (et plus si affinités) aux caractères opposés mais affirmés. Nous avons donc Wilder, la championne des causes écolo, Mace, la rockeuse, Dot, le rat de bibliothèque sceptique, Ed, toujours prête pour gagner quelques Dollars, et Karma, la fille new age.
Une bonne série se reconnait d'abord à ses personnages, et de ce côté, Misfit City se défend à merveille. Elles possèdent toute un côté immédiatement attachant ; et évidemment certaines d'entre elles possèdent des traits dans lesquels chaque lecteur va se reconnaitre (sans surprise pour moi c'est Dot).
L'histoire n'est pas juste un prétexte, car j'ai vraiment envie de savoir ce qui va se passer ensuite, d'autant que l'auteur introduit quelques éléments que je qualifierai d'inattendus. Et en parlant d'écriture, les dialogues sont un véritable plaisir à lire (il faudra un sacré traducteur pour retranscrire ça si un éditeur français s'y attèle), même si le "Holy Simone de Beauvoir" sentira le réchauffé pour tout lecteur de Lumberjanes qui se respecte (je vous ai dit à quel point ce comics déchire ?).



Black Hammer T1 : Dix ans. Cela fait dix ans qu'ils sont coincés dans cette ferme, sans espoir de franchir les limites de la ville, tentant tant bien que mal de se fondre dans la population locale. Abraham Slam, Captain Weird, Golden Gail, Madame Butterfly, Walky Talky, et Barbalien ont sauvé le monde, mais ils doivent désormais en payer le prix.
J'étais parti d'un mauvais pied avec Jeff Lemire, dont je n'avais pas du tout accroché au travail sur Animal Man. Mais bon, à force d'en entendre du bien, j'ai décidé de tenter une de ses dernières séries en date : Black Hammer. Et je confirme : c'est cool !
Depuis leur dernier combat, plusieurs héros du Golden Age et du Silver Age cohabitent dans une ferme reculée. Avec plus ou moins de plaisir et surtout moins. Ce premier tome est l'occasion de partir à la rencontre de chacun d'eux, de ses origines, de sa personnalité, et de sa façon d'appréhender la vie nouvelle qui leur a été offerte... ou imposée.
Abraham Slam s'accommode bien d'une vie saine loin des menaces quotidiennes. Madame Dragonfly et Captain Weird vivent désormais à l'écart de leurs compagnons. Walky Talky semble la seule à encore chercher à comprendre où ils se trouvent et comment en sortir. Barbalien et Golden Gail semblent être ceux qui souffrent le plus, l'un car il ne peut exprimer ses sentiments, l'autre car elle n'a jamais pu reprendre sa forme d'origine depuis leur ultime combat.
C'est superbement écrit. La découverte de chaque individu ne parait jamais artificielle - hormis pour Madame Butterfly, car son rôle est de narrer les histoires - mais accompagne à merveille le récit, il s'agit autant d'une étude de caractères, d'un univers alternatif séduisant (chaque héros s'inspire d'une ou plusieurs figures classiques du genre), mais avec de vraies interrogations. D'autant que ce tome se termine de manière parfaitement inattendues.
Là où le titre atteint sans doute ses limites, c'est qu'il s'apprécie sans doute plus avec quelques connaissances sur le Golden Age et le Silver Age, ainsi que sur EC Comics, car cela permet de faire le parallèle entre les héros et ceux dont ils sont inspirés. Mais à part ça, c'est excellent.


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Dernière édition : Gemini_ le 16/02/18 23:29; Edité 2 fois
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herbv
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Message Posté le : 16/02/18 22:04    Sujet du message: Remarque Répondre en citant

Je note, je note, Gemini Sourire

Mais j'attendrais les versions française. J'ai pris pas mal de retard sur mes lectures comics. Toujours pas lu les derniers Lemire parus en France, ni Lumberjanes (je sais, c'est pas bien).
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herbv
Modérateur


Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 26/02/18 20:43    Sujet du message: Annonce Répondre en citant

Une certaine et un certain d'entre nous parlent de leur lectures concernant Brian K. Vaughan (si si, vous savez, le scénariste à succès qui écrit Saga) sur leurs WordPress respectifs, comme quoi, il n'y a pas que le manga chez Mangaverse et que nous savons être curieux ! Sourire


Y le dernier homme par Taliesin


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Kotatsu-neko
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Inscrit le : 18 Sept 2004

Message Posté le : 11/03/18 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

Gemini_ a écrit:
Misfit City T1 : Cannon Cove est le parfait endroit pour passer le week-end, si vous êtes fans du célèbre film qui y fut tourné dans les années 80. (...)
Black Hammer T1 : (...)


Misfit City : L'auteur m'a eu juste avec le jeu de mot "The Gloomies" et ne m'a pas déçu avec le reste. Clin d'oeil

Black Hammer : je sais que je le lirais... reste à savoir quand !

Et un petit mot sur l'un de mes comics préféré qui vient de s'achever : Invincible.
144 numéros et un vrai bonheur continu. Parfait mélange entre le Spider-Man des 70's et Dragon Ball période Z, Robert Kirkman a su me tenir en haleine avec des personnages crédibles dans un univers on ne peut plus super-slip si vous me pardonnez l'expression.
C'est une de mes lectures les plus fraiches et fluides de ces dernières années. Il n'y a pas de hi-concept mais ce n'est pas idiot pour autant. On passe du soap aux réflexions des héros en passant par des bastons épiques où un coup n'est pas qu'un "Ka-Pow" sans répercussions.
Kirkman a l'art de savoir instiller les embryons de futurs développements scénaristiques dans son intrigue en cours.
Le dessinateur Ryan Ottley assurera du n°8 au dernier, longévité assez rare dans le monde des comics pour être souligné. Son trait dynamique est parfait pour cette série.
A bientôt Mark (Invincible dans le civil), car même si tu ne reviens pas, je sais que je te relirais sûrement !
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Taliesin
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Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 11/03/18 21:39    Sujet du message: Répondre en citant

Je confirme que Invincible est une série à lire ^^ . Un jour je continuerai!!!

J'ai très envie de lire Black Hammer un jour, mais je ne sais même pas quand cela se produira... Déjà, j'ai commencé à acheter un manga neuf ce mois-ci, ce qui tient presque du miracle... Très content

(Merci pour la pub herbv Sourire )
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Taliesin
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Message Posté le : 12/04/18 13:55    Sujet du message: Fables 1 à 11 Répondre en citant



Fables fait partie des premiers comics que j'ai découverts mais que je n'ai jamais terminé. J'ai dû laisser tomber en 2008 ou en 2009, et chaque année, je me répétais que j'allais recommencer la lecture en bibliothèque pour les rattraper comme tout le monde. Sauf que ça m'a pris des années. L'an dernier, j'ai pu acheter pas mal de volumes d'occasion en VO. J'ai donc pu relire le début jusqu'au volume 11 (ce qui correspond au volume 14 en VF). Ainsi, j'ai fait une plongée des débuts à la fin de la guerre contre l'Adversaire.

Les débuts sont excellents, je me suis même demandé pourquoi j'ai décroché. Il y a clairement du génie dans le fait de mettre tous les personnages des contes et comptines (certains figurant juste sur une ligne d'une comptine, en anglais évidemment, je n'ai par exemple pas vu de souris verte Sourire ) dans notre monde, et de partager leur quotidien, avec toutes les rancœurs importées des histoires que nous connaissons si bien (ou moins). Les moments à Fabletown sont donc mes préférés. Le tout commence surtout comme un crime comic, avec un détective privé (le grand méchant loup, le même qui officie dans Le petit chaperon rouge ou encore Les trois petits cochons, oui c'est le même) qui va devoir enquêter sur le meurtre d'une personne de la communauté.

Par la suite, c'est la rébellion d'une autre partie de la communauté, celle qui ne peut passer en tant qu'humains (les "mundy" en anglais), et qui vit à la Ferme, un peu plus loin, où des sorts permettent de cacher l'endroit aux yeux des êtres humains. Enfin, on aborde une histoire de grossesse pour se diriger vers la guerre lorsque la communauté de Fabletown réagit aux attaques de l'Adversaire. Et c'est sans doute pendant cette grossesse non désirée que j'ai perdu le fil.




[PETITS SPOILERS]

En gros, on a donc Blanche Neige qui n'est plus l'assistance du Maire (enfin, le Maire exécutif hein) et qui doit vivre à la Ferme. Cela laisse une place à une nouvelle équipe, qui prend petit à petit ses marques. Pourquoi pas, après tout, cela permet de renouveler un peu le tout. J'ai juste trouvé dommage de voir Blanche Neige reléguée au rôle de mère et bonne épouse, attendant que son Homme (très viril) revienne. De ce côté, ça m'a agacée. De même le côté "responsabilité" et "maternité" donc pas d'avortement. Moi aussi, comme Cyril, ça m'a un peu interpelée.

Mais là où j'ai commencé à décrocher, c'est vraiment autour du volume 6 ou 8 quand les Fables de Bagdad rencontrent la communauté basée sur Manhattan. Il y a pas mal d'ethnocentrisme, un côté très "pour qu'on s'associe, il faut que vous adopter nos coutumes". Sans parler du speach de Bigby sur Israël qui comme l'a souligné michael il y a quelques années, m'a bien agacée aussi. Surtout, les préparatifs de guerre prennent beaucoup de temps et peinent à m'intéresser. Il y a parfois des moments de pause dans lesquels on voit un peu de vie quotidienne, mais cela ne vient pas souvent. Le plus souvent, on a droit aux affaires d'espionnage, aux bombes, à Bigby, à Boy Blue, bref, aux Fables qui savent se battre.

Il n'y a plus beaucoup de vision sur les citoyens lambda de Fabletown. Le tout est donc très orienté héros de guerre, héros de combat, ce qui fait perdre, je trouve, l'originalité du titre, ce qui m'avait au départ tant plu. Le moment avec la quête d'Ambrose m'a plu, du moins, à ses débuts. Encore une fois, les phases de combat m'ont peu intéressé. Et que dire du dernier volumes, intitulé "War and Pieces", dans lequel j'ai fini surtout par tourner les pages sans grand intérêt...

[FIN SPOILERS]

En fait, tout ce qui faisait le sel de Fables à mes yeux disparaît dés que l'on aborde la guerre. C'est bien dommage car les débuts de la série sont délicieux. Ce qui m'intéressait, c'était plutôt la vie quotidienne de ces personnages de conte, enfermés dans un petit quartier de Manhattan, essayant de se cacher de nos yeux, essayant de ne pas se faire remarquer, certains ayant plus de problèmes d'argent que d'autres. Sans parler de l'humour qui est balayé par la suite, alors que ce point était un des plus réussis de la série!

Je dois dire que j'ai beaucoup aimé les couleurs de Vozzo dans un premier temps (un habitué du vieux Vertigo), mais aussi celles de Loughridge. Les dessins de Mark Buckingham m'ont beaucoup plu aussi, mais c'est moins le cas d'autres dessinateurs. Le premier chapitre où on voit Cendrillon est juste horrible, mais le film d'horreur a lieu dans les chapitres dédiés à la carrière de Jack à Hollywood. C'est juste monstrueux (je n'en pouvais clairement plus, n'aimant ni Jack, ni l'histoire et encore moins les dessins...). J'adore aussi les bords des pages aussi.


Je me pose aussi la question de ma patience. Suis-je encore capable de lire la même série pendant plus d'une semaine? Je me pose la question car je me demande si cette impatience a aussi eu des répercussions dans cette déception. Je me suis plongée pendant quasi 3 semaines sur Tenma no ketsuzoku, shôjo d'aventure de 23 volumes de Keiko Takemiya écrit dans les années 90. Là aussi, je voulais en finir (mais j'aimais beaucoup la série!) à cause des idéogrammes. Mais dans les 2 cas, je constate que je reste plus d'une semaine sur une même œuvre...
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Gemini_
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Message Posté le : 23/04/18 22:24    Sujet du message: Répondre en citant

Shade the Changing Girl : Il y a quelques années, le chanteur et scénariste (je n'invente rien) Gerard Way a créé le label Young Animals au sein de l'éditeur DC Comics. Son ambition : publier des titres dans la lignée des œuvres fondatrices du label Vertigo de Karen Berger. Depuis, lui s'occupe d'une reprise de Doom Patrol clairement dans la lignée de celui de Grant Morrison, tandis que la scénariste Cecil Castellucci reprend un autre héros emblématique : Shade the Changing Man. Ou plutôt, vous l'aurez noté, Shade the Changing Girl. La série vient de se terminer après 12 numéros, l'éditeur cherchant à relancer les titres du Young Animal pour attirer un nouveau public. Cecil Castellucci reste et s'occupera désormais de Shade the Changing Woman.
Ric Shade est à l'origine un personnage mineur de DC Comics créé par Steve Ditko, puis repris par un Peter Milligan fraichement recruté par Karen Berger. Il en fera un poète et combattant de la planète Meta, capable de distordre la réalité grâce à sa M-Vest (M pour Madness). Autant dire qu'il possède une puissance hors-du-commun.
Shade the Changing Girl commence avec Loma, jeune fille de la planète Meta, en constant décalage avec son environnement. Dans la vie, elle possède deux passions : Ric Shade et la Terre, qu'elle rêve de visiter comme son idole avant elle. Pour ça, rien de plus simple : il lui suffit de voler la M-Vest, puis d'investir le corps dans le coma d'une jeune terrienne nommée Megan Boyer.
Le scénario m'a immédiatement fait penser à Six Half, car une fois dans son corps, Loma va se rendre compte que Megan n'était pas une personne très fréquentable, et que ses amies se faisaient fort bien à l'idée qu'elle resterait dans le coma pour toujours. La série jongle entre la gestion par Loma du quotidien de Megan, sa découverte d'une Terre finalement bien éloignée de ses fantasmes, et la M-Vest. A ce titre, Loma est un personnage parfaitement irresponsable, ne cherchant pas spécialement à cacher sa nature extra-terrestre, avec un contrôle limitée sur la veste, et qui de toute façon ne se dérange pas trop pour utiliser ses pouvoirs à tort et à travers. Loma est un danger ambulant traité avec une certaine nonchalance par les auteurs, et évidemment, sa capacité à modifier la réalité dans tous les sens sera prétexte à des dialogues et une mise en page aussi délirants qu'un poème de Ric Shade.
Le titre dispose d'un trait efficace, magnifié par des couleurs très flashy. A la fois fable sur l'adolescence et étrange voyage d'un personnage trop puissant et naïf pour le bien de son entourage, il s'agit d'une lecture déstabilisante, poétique et en même temps dérangeante et fascinante. Mais exigeante, ce n'est pas un comics à lire pour se vider la tête.


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Taliesin
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Message Posté le : 14/05/18 12:16    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai hâte de lire Shade the Changing Girl et puis Doom Patrol dans ce label YA!

Dernièrement, j'ai pu lire:

Black Science 1: Je n'ai absolument pas accroché à ce récit de SF mâtiné de voyages à travers les dimensions pour retrouver son chez soi. Le rythme est beaucoup trop rapide, j'ai eu l'impression d'être dans un blockbuster de cinéma comme on en fait maintenant, qui va à 100 à l'heure et qui ne laisse aucune respiration. Il y a beaucoup de personnages dés le début, et on peine à s'attacher un minimum à eux (en tout cas zéro attachement pour ma part). J'en ressors plutôt déçue surtout que la réputation flatteuse colle à ce titre. Visuellement, je n'ai jamais accroché mais on ne peut pas le qualifier d'insipide, le titre étant immédiatement reconnaissable. Il y a un indéniablement une patte graphique personnelle de la part de Matteo Scalera. Il y a sinon beaucoup de voix off côté narration, en plus de la vitesse, voix off qui alourdit un peu le tout et que je trouve parfois très... égocentrique/nombriliste? Et puis beaucoup de pleurs de regrets, le "mauvais père" qui n'était pas là pour sa famille, ça ne m'a pas du tout parlé.

Descender 1 à 3: Jeff Lemire est une machine. Je ne sais même plus combien de sorties on a de lui, rien qu'en VF tant il écrit à tous les râteliers (finalement, j'en ai peu lu et mon préféré reste quand même Essex County). J'avoue que ce Descender m'attirait d'emblée. J'ai lu 3 volumes et j'en suis sortie enchantée. C'est simple, pas spécialement original, ça lorgne vers tout ce qui est connu en SF mais ça marche très bien. Le dessin et surtout les couleurs pastel de Dustin Nguyen confèrent une atmosphère particulière au titre, lui donnant un côté mélancolique, triste et parfois nostalgique malgré l'univers futuriste: space opera et soulèvement des machines. C'est, je pense, le grand point fort du titre! L'autre point fort réside sans doute dans le fait que Lemire a écrit un titre très proche des personnages. On entre dans leur vie, on a droit à des flashbacks, ce qui les rend plutôt attachants. Rien de révolutionnaire mais facile à lire, agréable, doté de dessins et de couleurs magnifiques, attachant, j'aimerais beaucoup lire la suite Sourire . Depuis Prophet et puis ensuite la bombe commerciale Saga, Image nous abreuve de nombreux comics de SF.

Phonogram 3: Dernier volume de la série (que j'ai achetée totalement avant de la lire T-T). Meilleur volume de la série aussi. Mais c'est clairement pas pour moi, j'ai quand même lutté pour lire les 3 volumes. J'ai trouvé le titre assez prétentieux, les personnages complètement narcissiques, je ne sais même pas si j'ai compris l'histoire en fait... Vraiment un titre particulier et clairement pas pour tout le monde!!!!
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herbv
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Message Posté le : 14/05/18 23:10    Sujet du message: Remarque Répondre en citant

J'ai récupéré Descender 4 à la biblio, je vais pouvoir le lire sous peu. J'aime bien la série même si elle manque furieusement d'originalité.

Sinon, je viens de lire une BD américaine, moi aussi, mais pas en VO.

J'en cause même sur bubulle :


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Message Posté le : 03/08/18 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Giant Days : Je vous ai déjà parlé de Misfit City, je suppose avoir déjà mentionné Lumberjanes, je vais aujourd’hui abordé Giant Days. Point commun entre tous ces comics, une publication sous le label Boom! Box de l’éditeur américain Boom! Studios. Un label devenu pour moi véritable synonyme de qualité, et dirigé par l’autrice et responsable éditoriale Shannon Watters. Les entretiens qu’elle a accordés aux médias américains donnent une bonne idée du projet éditorial derrière Boom! Box. Il s’agit de créer des comics pour tous les âges, colorés, positifs, avec un soin particulier apporté aux personnages, en particulier féminins. Ce sont aussi des comics laissant la possibilité à leurs auteurs (souvent issus du webcomics) de s’exprimer, de proposer des titres plus personnels que ce qu’ils écrivent habituellement pour d’autres éditeurs (comme c’est le cas pour James Tynion IV). Ce que Shannon Watters ne dit pas, c’est qu’il s’agit surtout du fer de lance du complot féministe LGBT+ international. A tel point que, et cela l’amuserait presque, des parents ont fini par interdire à leurs enfants de lire Lumberjanes, par peur d’une mauvaise influence.

Giant Days, je suis tombé dessus par hasard. Je venais d’être un peu déçu par la boutique Forbidden Planet de Manchester, qui propose certes des rayons très complets en matière de comics, mais presque relégués au second plan par rapport aux myriades de produits dérivés. Je comprends que cela aide à survivre – les clients repartaient plus certainement avec plusieurs figurines Funko Pop qu’avec le moindre comics – mais cela n’en demeurait pas moins déprimant. Mais à quelques pas de cette enseigne, nous tombons sur un autre magasin, plus petit mais plus humain, avec une identité bien plus affirmée. Cela m’a immédiatement attiré. A l’intérieur, Giant Days compte parmi les séries mises en avant par l’équipe. Ce qui me convainc de lui donner sa chance, ce sont une jolie couverture, le label auquel elle est associée, et une mention qu’elle a été nommée aux Eisner Awards. Je n’ai pas regretté mon achat.

L’histoire se déroule à l’université pas du tout fictive de Sheffield, en Angleterre. D’ailleurs, je ne doute pas que l’auteur soit Anglais, certaines situations me rappellent trop mon propre vécu sur un campus britannique. Nous suivons trois étudiantes en première année, voisines de chambre devenues amies par la force des choses. D’abord Susan, étudiante en médecine, fausse cynique, authentique fumeuse, et nanti d’un sens très personnel de l’hygiène. Ensuite Daisy, boule de bonne humeur et de positive attitude au-delà du raisonnable. Enfin Esther, gothique au cœur d’artichaut avec un véritable talent pour attirer les catastrophes.

Giant Days correspond parfaitement aux spécificités du label Boom! Box telles que présentées par Shannon Watters. L’intérêt de ce titre en particulier réside avant tout dans ses personnages, dans leur humanité, leurs qualités, et leurs défauts, plus que dans ce qu’elles vivent au quotidien. Non pas que leurs aventures ne suffisent pas à accrocher le lecteur, mais cela reste des situations de la vie de tous les jours (enfin presque) pour des étudiantes anglaises, sans le fantastique d’un Lumberjanes ou le mystère d’un Misfit City.

L’auteur a parfaitement capté l’essence de ses héroïnes, et arrive à les rendre aussi attachants que crédibles malgré un comportement parfois extrême. Elles forment un trio étrange, mal assorties mais à la fois tellement complémentaires. Quoi qu’il puisse leur arriver, c’est donc toujours un plaisir de les suivre.

En outre, il s’agit d’un titre souvent très drôle, rempli de bons mots et d’un regard parfois féroce sur l’environnement qu’il dépeint, et la truculence des protagonistes ne s’arrêtent pas aux héroïnes. Mais c’est aussi un comics qui, sans être dur, sait se montrer touchant ou jouer avec les émotions de ses personnages. Ne serait-ce que parce que leur vie amoureuse est bien loin d’un long fleuve tranquille. L’humour permet de faire passer des situations parfois compliquées, comme lorsqu’un professeur assistant va délibérément baisser les notes d’Esther après leur rupture.

Je prends énormément de plaisir à découvrir chaque nouveau tome de Giant Days. Graphiquement, la série est très agréable à l’œil, et l’auteur possède un véritable talent pour faire vivre ses héroïnes sous nos yeux. Après, si vous voulez des super-héros et des guerres intergalactiques, vous vous êtes franchement trompé d’adresse !
J’ai d'ores et déjà commandé la suite.


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Gemini_
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Message Posté le : 03/08/18 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

On ne m'arrête plus !

Moon Girl & Devil Dinosaure : Depuis plusieurs années, Marvel Comics cherche à apporter plus de diversité dans ces séries, comprenez à mettre en scène plus de femmes, de personnes racisées, et de membres de la communauté LGBT+. Pour limiter les risques, l'éditeur a choisi de s'appuyer sur des marques connues, en attribuant à ces nouveaux héros des identités super-héroïques (plus ou moins) bien établies. C'est ainsi que Mjolnir et le titre de Thor sont revenus à une femme, qu'une adolescente d'origine pakistanaise se fait appeler Ms Marvel, ou encore que la bannière étoilée est désormais portée par un Afro-Américain et une Latina homosexuelle. Autant dire que chez une frange du lectorat, cela passe aussi bien qu'une femme voilée à la tête d'un syndicat étudiant de gauche.

Moon Boy et Devil Dinosaure sont des personnages créés par Jack Kirby, dans une tentative de contrer la série Kamandi de DC Comics imaginée par ce même Jack Kirby. Ce duo venu d'une autre dimension est constitué d'un homme-singe et d'un puissant dinosaure rouge, et avouons-le il ne s'agit pas des héros les plus connus de cet un univers (je les ai découvert dans une vieille histoire des Fallen Angels).

De son côté, Lunella Lafayette - pas du tout gentiment surnommée Moon Girl par ses camarades de classe, du fait de son nom et de sa proportion à être dans la Lune - est une jeune Afro-Américaine de 9 ans, avec deux particularités compliquées à gérer : elle a hérité de gènes inhumains qui ne demandent qu'à se réveiller (pour Dieu sait quel résultat), et elle est extrêmement intelligente, avec en outre une mémoire prodigieuse qui a eu largement le temps d'assimiler des quantités tout autant prodigieuses de connaissances. Sauf que cela ne passe pas. Ses parents et ses professeurs voudraient voir une enfant comme les autres, qui se fait des amis et travaille à l'école, alors qu'elle n'a rien de normal et que ses cours l'ennuient prodigieusement. Son principal problème, outre le fait d'intégrer un établissement scolaire adapté à ses facultés, consiste à trouver comment empêcher ses gènes inhumains de la transformer en monstre ; son intelligence étant selon elle le seul pouvoir dont elle a besoin. C'est dans ces conditions qu'elle met la main sur un appareil extra-terrestre - Kree, pour être précis, soit la race alien qui a créé les Inhumains - dont elle espère qu'il lui fournira de précieuses informations sur leur technologie. Sauf que son premier effet sera d'ouvrir une porte dimensionnelle dont sortiront quelques hommes primitifs et belliqueux, ainsi que le premier véritable ami que se fera Lunella : Devil Dinosaure. Dinosaure qu'il faudra désormais cacher aux yeux du monde.

Si l'aspect "diversité" de la politique éditoriale de Marvel Comics m'intéresse, c'est qu'il s'accompagne souvent de l'arrivée d'auteurs issus de la scène indépendante sur les titres en question, ainsi que d'histoires s'attardant plus sur les personnages et leur quotidien - voire sur des thématiques sociales - que sur l'héroïsme. Ce n'est pas non plus vrai pour toutes les séries, et elles ne méritent pas toutes le coup d’œil. America, en particulier, fût une déception. Mais dans le même temps, nous avons droit à Thor, Ms Marvel, Patsy Walker, Spiderwoman, ou encore Mockingbird, soit des titres qui ont su tirer leur épingle du jeu (même si certains se sont arrêtés assez vite). Moon Girl & Devil Dinosaure s'inscrivant dans cette continuité, cela faisait quelques temps que je me tâtais quant à la lire. Trouver en magasin un exemplaire du premier tome m'a finalement poussé à franchir le pas.

Sans vraiment de surprise, j'ai tout-de-suite accroché à cette nouvelle héroïne. Depuis le début de la publication, l'éditeur a confirmé qu'il s'agissait du personnage le plus intelligent de l'univers Marvel Comics, et je craignais que cela la rende un peu distante. Pas du tout, dans la mesure où il est aisé de se reconnaitre dans son décalage et sa maladresse. Son manque de ressources matérielles, d'expérience, et d'aptitudes physiques (le sport n'est décidément pas son truc) l'empêchent de régler n'importe quelle situation d'un simple claquement de doigt. Par contre, elle a une passion pour les gadgets, en transportant une petite collection dans son sac ; toute référence à l'inspecteur Gadget serait assumée par l'éditeur. Tout cela lui donne un fort capital sympathie, d'autant plus que le lecteur a conscience de l'intelligence de Lunella, là où son entourage - même ceux supposés brillants - ne voit qu'une petite fille qui a besoin d'être protégée ; y compris d'elle-même. Par ailleurs, son duo avec Devil Dinosaure fonctionne à merveille, et son excentricité en fait un personnage parfois bien trop téméraire pour son propre bien. Tout cela mis bout à bout permet d’obtenir une série très plaisante. Mais qui hélas! finit par tourner en rond.

Particulièrement convaincu par l’entame (le comics était exactement ce que j’en attendais), j’ai immédiatement commandé les deux tomes suivants. Et j’en suis resté là pour le moment, ne trouvant pas la motivation pour continuer. Que s’est-il passé ?

Rétrospectivement, la série est bâtie sur une incongruité. Lunella est une fille brillante qui souffre de ne pas être reconnue comme telle, avec des parents et une école qui la forcent à entrer dans le moule, et des établissements spécialisées refusant systématiquement toutes ses demandes. Cette frustration est fondamentale chez le personnage et permet d’expliquer certaines de ses actions futures. Là où cela ne fonctionne pas, c’est qu’il parait impossible que personne, dans l’Amérique des années 2010, n’ait remarqué à quel point l’héroïne est intelligente. En particulier ses parents, qui apparaissent comme des individus instruits de la classe moyenne, mais qui préfèrent qu’elle affiche des posters de poneys dans sa chambre plutôt que des photos d’Albert Einstein, « parce que cela ne correspond pas aux petites filles ». Je sais que la Terre 616 est légèrement différente de la nôtre, et je conçois que le titre repose sur le décalage qui existe entre le génie de Lunella et son apparence, mais j’ai beaucoup de mal à y croire.

C’est d’ailleurs un reproche que j’ai lu chez plusieurs critiques américains concernant la série, à l’encontre des auteurs. Ils semblent n’avoir aucune idée de ce qu’est une petite fille, et encore moins une petite fille afro-américaine. A tel point qu’elle semble avoir été adoptée par un couple de WASP (que j'imaginerais presque voter pour Donald Trump). Par conséquent son univers parait difficilement crédible.

A l’instar des premières histoires de Ms Marvel, un des principaux enjeux des débuts de la série consiste à recevoir l’aval et la reconnaissance des principales figures de Marvel Comics. Comme s’il fallait absolument légitimer le personnage. Chez Ms Marvel, cela représentait surtout des interludes, presque des passages obligés, comme lorsque Spiderman essaye de se faire recruter par les Fantastiques. Chez Moon Girl, ils ont vraiment forcé la dose, à tel point que des pans entiers de la série ne reposent que sur l’apparition de personnages majeurs de l’éditeur, comme si l’héroïne seule ne suffisait pas à justifier de lire ce comics. Ce n’est pas très agréable pour elle. D’autant que, paradoxalement, chaque nouveau caméo semble surtout là pour nous expliquer à quel point Moon Girl est géniale, jusqu’à Ben Grimm qui vient peu ou prou la recruter. Sauf qu’il serait beaucoup plus efficace de nous montrer l’héroïne faire l’étalage de son intelligence, plutôt que d’introduire des personnages uniquement là pour nous expliquer qu'elle est intelligente. Et nous ne pouvons pas dire que ce comics y arrive.

J’ai vraiment l’impression que les auteurs ne savent pas comment gérer Lunella, comment la mettre en valeur, et comment en faire une héroïne légitime sans passer par des figures déjà légitimes de cet univers. C’est assez frustrant. D’autant que ce comics pourrait s’intituler « Chérie, j’ai rétréci les menaces ». Je sais ce que j'ai expliqué concernant l'importance du quotidien par rapport à l'héroïsme, mais comme il s'agit clairement d'une série de super-héros, il ne faut pas exagérer non plus. Ms Marvel combat des menaces locales, parfois des antagonistes de séries Z dont personne d’autre n’entendra jamais parler, mais il y a souvent des enjeux majeurs et un contexte social et politique fort. Là où le principal adversaire de Moon Girl est un Kree de 9 ans portant un pyjama Captain Marvel (premier du nom), et en réalité plutôt sympa.

J’adore Moon Girl en tant que personnage, et pense qu’elle possède un immense potentiel. Le premier volume de ses aventures, qui permettait de poser les bases de son univers, m’avait beaucoup plu. Malheureusement, j’ai eu beaucoup plus de mal à accrocher à la suite. Bien sûr, cela fait plaisir de voir Ben Grimm et Amadeus Cho reconnaitre son talent, mais si les enjeux se résument à faire l’éloge de l’héroïne sans qu’elle ait à faire la démonstration de ses capacités, alors cela ne suffira jamais à créer un comics réussi. Peut-être que le problème vient tout simplement des auteurs, qui n’arrivent pas à se montrer à la hauteur de leur héroïne ? En tout cas, je ne pense pas lire la suite dans l’immédiat.


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Dernière édition : Gemini_ le 26/08/18 23:12; Edité 1 fois
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herbv
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Message Posté le : 26/08/18 20:50    Sujet du message: Remarque Répondre en citant

Merci pour tous tes avis, Gemini.

Pour ma part, je lis plutôt la BD américaine en version française, cela me permet d'avoir plus de fluidité...

Je vois que Marvel tente de varier un peu son offre. Ceci dit, il faudra que j'attende une version Panini que je pourrai emprunter en biblio pour lire Moon Girl & Devil Dinosaure.

Par contre, si tu pouvais aérer un peu tes messages avec des séparations plus nette entre les paragraphes, ça m'arrangerait bien Sourire

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